Contrôle CPAM de la téléconsultation : ce que vérifie la caisse
Le code de la santé publique définit la télémédecine comme une pratique médicale à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication (article L. 6316-1). Sa prise en charge dépend toutefois de règles conventionnelles précises, rappelées aux médecins sur ameli.fr. Ce sont ces règles, bien plus que la qualité de l'acte, qui fondent la plupart des contrôles.
- Le parcours de soins coordonné : la téléconsultation suppose en principe une orientation initiale par le médecin traitant. Des exceptions existent : patients de moins de 16 ans, disciplines en accès direct (gynécologie, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie orale ou maxillo-faciale, psychiatrie ou neuropsychiatrie, pédiatrie), patients sans médecin traitant ou dont le médecin traitant n'est pas disponible dans un délai compatible avec leur état, situations d'urgence, personnes détenues ou résidant en établissement pour personnes âgées dépendantes ou pour adultes handicapés.
- La vidéotransmission : la téléconsultation doit être réalisée par liaison vidéo. Un simple échange téléphonique ne permet pas de facturer l'acte comme une téléconsultation.
- La proximité et l'alternance : le médecin téléconsultant doit se situer à proximité du domicile du patient, pour pouvoir organiser une consultation en présentiel si elle s'avère nécessaire. Des exceptions sont prévues : pour le patient résidant dans une zone d'intervention prioritaire dépourvue d'organisation territoriale coordonnée (s'il s'agit de téléconsulter un généraliste, à la condition supplémentaire qu'il n'ait pas de médecin traitant), et pour tout patient orienté par le médecin régulateur du service d'accès aux soins après l'échec d'une prise de rendez-vous sur son territoire. Le suivi régulier du patient requiert une alternance entre présentiel et distanciel.
- Le patient non connu : lorsque le patient n'est pas connu du médecin, les données administratives nécessaires à la facturation doivent lui être transmises par le médecin traitant ou par l'organisation territoriale mise en place pour les patients qui n'en ont pas.
Chacune de ces conditions doit laisser une trace : journal de connexion, mention de l'orientation dans le dossier, justification de l'exception invoquée. Le contrôle se joue sur ces traces.