Violation du secret médical : le délit de l'article 226-13
L'article 226-13 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende « la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire ». Le médecin en est l'exemple même. Trois éléments doivent être réunis : une information à caractère secret, sa révélation à une personne qui n'avait pas à la connaître, et l'intention.
L'intention consiste à révéler en connaissance de cause ; il n'est pas nécessaire d'avoir voulu nuire au patient. Une fuite purement accidentelle, comme un courriel mal adressé ou une intrusion informatique, relève plutôt de la responsabilité civile, disciplinaire et des obligations de sécurité des données que du délit lui-même. La révélation peut être orale, écrite ou numérique, partielle ou indirecte : confirmer qu'une personne est suivie au cabinet suffit parfois.
Le patient peut porter plainte, se constituer partie civile et saisir parallèlement l'Ordre.