Le contentieux disciplinaire des médecins se concentre sur un nombre limité de griefs, qui reviennent d'un dossier à l'autre. Les connaître permet de mieux anticiper la lecture qu'en feront les juges ordinaux.
Les certificats et attestations. Le certificat rédigé dans un conflit familial, une séparation ou un litige professionnel est l'une des premières sources de plaintes. Depuis le 30 juillet 2026, le Code de déontologie interdit au médecin de délivrer tout document, certificat, ordonnance ou attestation présentant un caractère tendancieux ou de complaisance (article R.4127-28 du Code de la santé publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026). Le certificat s'établit conformément aux constatations médicales que le médecin est en mesure de faire (article R.4127-76) : il ne reprend pas à son compte les propos d'un patient sur un tiers.
Le secret médical. Transmission d'informations à un employeur, à un membre de la famille, à un assureur ou à un tiers sans base légale : le secret professionnel, institué dans l'intérêt des patients (article R.4127-4 du Code de la santé publique), est régulièrement invoqué, y compris lorsque la divulgation paraissait anodine au médecin.
La confraternité. Dénigrement d'un confrère auprès d'un patient, détournement de patientèle, conflits entre associés ou lors de la fin d'une collaboration : ces plaintes entre médecins sont souvent plus techniques et plus âpres que celles des patients.
La communication et la publicité. Depuis l'assouplissement des règles, le médecin peut communiquer au public des informations sur sa pratique, mais la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. Sites internet, réseaux sociaux, avant-après, promesses de résultat ou mise en avant de techniques non validées donnent lieu à des poursuites.
Les honoraires. Les honoraires doivent être déterminés avec tact et mesure (article R.4127-53 du Code de la santé publique). Dépassements jugés excessifs, défaut d'information préalable du patient sur le coût, facturation d'actes non réalisés : ce grief se double souvent d'une procédure devant la caisse primaire.
S'y ajoutent les griefs tirés de la qualité des soins, du défaut d'information, de la continuité des soins ou du comportement envers les patients. Dans chacun de ces cas, la défense consiste à replacer l'acte dans son contexte clinique et à démontrer que le praticien a agi conformément à ses obligations.