Aller au contenu
Cabinet établi à Paris depuis 2018 Intervention partout en France Lun. – Ven. · 9h – 19h
Premier appel offert · 01 85 73 41 85
Expertise · iv.

Avocat pénal
du médecin.

Garde à vue, audition libre, mise en examen, blessures et homicide involontaires, non-assistance, perquisition au cabinet, fraude CPAM aggravée. Le cabinet intervient en urgence à toutes les étapes de la procédure pénale médicale. Cabinet à Paris 17ᵉ, intervention dans toute l'Île-de-France et partout en France.

Garde à vueJuge d'instructionTribunal correctionnelCour d'appelCour de cassationFrance entière
i.
Pénal · Garde à vue

Garde à vue · audition libre

La garde à vue impose un encadrement strict (articles 62-2 et suivants du Code de procédure pénale) : notification des droits, durée 24 h prolongeable, droit au silence, assistance d'un avocat dès la première heure et à chaque audition. Ne jamais répondre seul : toute déclaration peut être exploitée, même hors audition formelle.

L'audition libre (article 61-1 CPP) suppose des droits proches mais sans contrainte. Le médecin peut quitter les lieux à tout moment. Le cabinet intervient en urgence — sur simple appel — pour assister à l'audition, vérifier la régularité de la procédure et orienter la défense.

Durée GAV
24 h
prolongeable 24 h, voire 48 h+ pour certaines infractions
Droit silence
Toujours
art. 63-1 CPP — à exercer avant tout
Avocat
Dès H+1
présence à chaque audition
Lire l'article détaillé →
ii.
Pénal · Instruction

Mise en examen et instruction

La mise en examen (article 80-1 CPP) suppose des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation à l'infraction. Elle ouvre la phase d'instruction — interrogatoires, expertises judiciaires, confrontations, auditions de témoins. Le statut de témoin assisté est intermédiaire et plus protecteur.

Tout au long de l'instruction, l'avocat consulte le dossier, formule des demandes d'actes (article 81 CPP), conteste les actes irréguliers, prépare les interrogatoires et structure la défense. Les nullités doivent être soulevées dans un délai de six mois à compter de la mise en examen (article 173-1 CPP), ramené à quatre mois pour les requêtes déposées à compter du 23 octobre 2026 (loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026). La fin de l'instruction est marquée par un règlement (article 175 CPP) avant ordonnance de renvoi ou de non-lieu.

Lire l'article détaillé →
iii.
Pénal · Atteintes involontaires

Blessures & homicide involontaires

Les blessures involontaires (article 222-19 CP) et l'homicide involontaire (article 221-6 CP) sont les principales infractions reprochées aux médecins. La défense repose sur la démonstration de l'absence de faute caractérisée — diligences accomplies, conformité aux données acquises de la science, lien de causalité contesté.

L'expertise judiciaire est centrale : préparation du dossier, dires contradictoires, contestation du pré-rapport. La défense peut aboutir à une relaxe, une requalification, ou — en cas de condamnation — à une peine avec sursis et sans inscription au B2 du casier judiciaire.

Blessures invol.
Art. 222-19
jusqu'à 3 ans + 45 000 € (ITT > 3 mois)
Homicide invol.
Art. 221-6
jusqu'à 5 ans + 75 000 €
Faute carac.
Art. 121-3
condition essentielle de la responsabilité
Lire l'article détaillé →
iv.
Pénal · Non-assistance

Non-assistance à personne en péril

L'article 223-6 du Code pénal sanctionne l'abstention volontaire de porter secours à une personne en péril, lorsque l'intervention pouvait être réalisée sans risque. La défense du médecin repose sur la connaissance effective du péril, l'absence de moyens disponibles, et l'orientation vers un confrère ou un service compétent.

L'analyse de l'agenda, du dossier patient, des correspondances, de l'organisation de la garde médicale et des appels reçus permet de démontrer la diligence. Une condamnation expose à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

Lire l'article détaillé →
v.
Pénal · Perquisition

Perquisition au cabinet médical

La perquisition d'un cabinet médical impose des garanties spécifiques (article 56-3 CPP) : elle est effectuée par un magistrat et en présence du responsable de l'Ordre ou de son représentant, dans le respect du secret médical. Le bâtonnier n'intervient pas : ce régime n'est pas celui du cabinet d'avocat (article 56-1). Rien n'interdit au médecin de prévenir immédiatement son avocat.

Le cabinet intervient en urgence pour vérifier la régularité du mandat, contester les saisies abusives, demander la mise sous scellés fermés des pièces couvertes par le secret, et préparer l'éventuelle requête en nullité ultérieure.

Lire l'article détaillé →
vi.
Pénal · Audience

Tribunal correctionnel · audience & appel

L'audience correctionnelle se prépare dès la convocation (citation directe, COPJ, ordonnance de renvoi). Le cabinet rédige les conclusions de défense, identifie les nullités, prépare le médecin à son interrogatoire, et coordonne avec l'assureur RCP la défense des intérêts civils.

L'appel doit être interjeté dans les 10 jours du jugement (article 498 CPP). La cour d'appel compétente peut confirmer, infirmer ou réformer. Au-delà, un pourvoi en cassation est possible dans les cinq jours francs (article 568 CPP), pour des motifs de droit uniquement.

Appel
10 jours
à compter du jugement (art. 498 CPP)
Pourvoi
5 jours
après l'arrêt d'appel
RCP
Libre choix
de l'avocat — frais pris en charge selon contrat
Lire l'article détaillé →
vii.
Pénal · Responsabilité du médecin

Faute caractérisée et causalité indirecte

Dans la plupart des dossiers d'homicide ou de blessures involontaires, le médecin n'a pas directement causé le dommage. Il lui est reproché de ne pas avoir diagnostiqué à temps, de ne pas avoir prescrit l'examen qui aurait permis d'éviter l'aggravation, ou d'avoir mal organisé la surveillance postopératoire. L'article 121-3 du Code pénal pose alors une règle protectrice : lorsque la causalité est indirecte, la responsabilité pénale d'une personne physique suppose soit la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit une faute caractérisée exposant autrui à un risque d'une particulière gravité que le médecin ne pouvait ignorer.

Cette distinction change tout. Une simple erreur de diagnostic, une imprécision dans le dossier ou un choix thérapeutique discutable ne suffisent pas, en principe, à fonder une condamnation lorsque le lien de causalité est indirect. L'accusation doit démontrer une faute d'une certaine intensité, appréciée au regard des circonstances concrètes : charge de travail, informations disponibles au moment de la décision, moyens du service, urgence, comportement du patient lui-même.

La défense travaille donc sur trois terrains. D'abord la qualification de la causalité : directe ou indirecte, ce qui détermine le seuil de faute exigé. Ensuite la nature de la faute : les données acquises de la science à la date des faits, les recommandations de bonne pratique, la traçabilité des décisions dans le dossier médical. Enfin la certitude du lien causal : une perte de chance, notion civile, ne suffit pas au pénal ; il faut établir que la faute a causé le dommage de manière certaine. C'est sur ce dernier point que l'expertise judiciaire devient décisive, et qu'une fibre pénale particulièrement utile dans cette matière permet d'identifier ce que les experts peuvent affirmer, et ce qu'ils ne peuvent pas affirmer.

Causalité directe
Faute simple
imprudence, négligence, maladresse
Causalité indirecte
Faute caractérisée
ou violation manifestement délibérée (art. 121-3 CP)
Lien causal
Certain
la perte de chance ne suffit pas au pénal
Homicide involontaire et médecin →
viii.
Pénal · Secret & certificats

Secret professionnel et faux certificat

La violation du secret professionnel est réprimée par l'article 226-13 du Code pénal d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Les poursuites naissent souvent d'un contexte conflictuel : certificat remis à un conjoint dans une procédure de divorce, échange avec un employeur, réponse à un assureur, information transmise à un tiers sans l'accord du patient, publication maladroite sur un réseau social. L'article 226-14 prévoit des cas dans lesquels la loi impose ou autorise la révélation, notamment certains signalements de maltraitance. La défense vérifie si l'information était réellement secrète, si sa révélation était autorisée par un texte, et si l'intention est caractérisée.

Le faux certificat relève de l'article 441-7 du Code pénal : établir une attestation ou un certificat faisant état de faits matériellement inexacts est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende, peines portées à trois ans et 45 000 euros lorsque l'acte vise à porter préjudice au Trésor public ou au patrimoine d'autrui. Les situations typiques sont l'arrêt de travail de complaisance, le certificat de coups et blessures rédigé sur les seules déclarations du patient sans précaution de formulation, ou le certificat produit en justice dans un litige familial. Contrairement à ce qu'indiquent encore certaines sources, l'article 441-8 du Code pénal ne vise pas les certificats : il réprime aujourd'hui l'utilisation du document d'identité ou du titre de séjour d'un tiers. Sur le plan déontologique, l'article R.4127-28 du Code de la santé publique interdit, depuis le 30 juillet 2026, tout document, certificat, ordonnance ou attestation tendancieux ou de complaisance.

Dans ces dossiers, tout se joue sur la rédaction du document : distinguer ce que le médecin a constaté de ce qui lui a été rapporté, dater précisément l'examen, rester dans le champ de sa compétence. La défense reconstitue les conditions de la consultation et démontre la bonne foi du praticien lorsque le certificat reflétait fidèlement son examen.

Ne jamais rectifier un certificat après coupModifier ou antidater un document déjà remis, même pour le « corriger », peut constituer une falsification distincte. Toute rectification se discute d'abord avec votre avocat.
Faux certificat médical : les poursuites →
ix.
Pénal · Assurance maladie

Escroquerie à l'Assurance maladie

Un contrôle d'activité de la CPAM peut basculer au pénal lorsque la caisse estime que les anomalies relevées ne relèvent plus de l'erreur de cotation mais d'une intention frauduleuse : actes facturés non réalisés, cotations systématiquement majorées, facturation de patients absents, prescriptions de transport ou d'arrêts de travail injustifiées. La caisse dépose alors plainte, le plus souvent pour escroquerie au sens de l'article 313-1 du Code pénal, parfois pour faux et usage de faux. Commise au préjudice d'un organisme de protection sociale pour obtenir un paiement ou un avantage indu, l'escroquerie est punie de sept ans d'emprisonnement et de 750 000 euros d'amende, et de quinze ans de réclusion criminelle lorsqu'elle est commise en bande organisée (article 313-2 du Code pénal, dans sa rédaction en vigueur depuis le 27 juin 2026).

L'enquête est généralement confiée à un service de police ou de gendarmerie qui travaille à partir des tableaux statistiques de la caisse, des auditions de patients et, souvent, d'une perquisition au cabinet. Le médecin découvre l'ampleur du dossier lors de sa convocation. La défense commence par une analyse critique des chiffres : méthode d'échantillonnage, extrapolation, confusion entre erreur de nomenclature et manœuvre frauduleuse. L'escroquerie suppose des manœuvres frauduleuses et une intention : une mauvaise lecture de la classification commune des actes médicaux ou de la nomenclature n'en est pas une.

Le volet pénal ne doit jamais être traité isolément. Les déclarations faites aux enquêteurs pèsent sur la procédure d'indu devant le pôle social et sur la pénalité financière, et inversement. Une stratégie unique, pensée dès le départ pour les trois procédures, évite qu'une réponse donnée dans l'une soit retournée contre le médecin dans l'autre.

Indu CPAM et bascule au pénal →
x.
Pénal · Accusations graves

Agressions sexuelles alléguées, exercice illégal

Les accusations d'agression sexuelle portées par un patient à la suite d'un examen clinique sont parmi les plus éprouvantes pour un médecin. Gynécologues, médecins généralistes, kinésithérapeutes, ostéopathes, radiologues ou psychiatres y sont exposés, car l'examen implique un contact physique ou une relation de confiance intense. La procédure s'accompagne souvent d'un signalement à l'Ordre, d'une médiatisation possible et d'une demande de suspension. La défense exige une grande rigueur : reconstitution du déroulement exact de l'examen, indication médicale de chaque geste, présence ou non d'un tiers, information donnée au patient et recueil de son consentement, antériorité des relations, cohérence des déclarations successives. Depuis la loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025, l'article 222-22 du Code pénal définit l'agression sexuelle comme tout acte sexuel non consenti : la question du consentement, et de l'information donnée avant l'examen, est donc au centre du dossier.

La présomption d'innocence s'applique pleinement, mais elle se défend activement : le médecin mis en cause doit éviter tout contact avec le plaignant, ne rien publier, et préparer avec son avocat chaque audition. Dans ces dossiers, les mesures de contrôle judiciaire et les procédures ordinales parallèles doivent être anticipées dès la première convocation.

L'exercice illégal de la médecine, prévu par le Code de la santé publique, concerne plus rarement le médecin lui-même. Il est en revanche reproché au praticien au titre de la complicité lorsqu'il laisse un assistant non habilité, un étudiant hors cadre ou un confrère non inscrit exercer sous son nom ; il peut l'être au médecin lui-même lorsqu'il poursuit son activité malgré une interdiction ou une suspension. L'organisation du cabinet, les contrats de remplacement et de collaboration deviennent alors des pièces centrales du dossier.

xi.
Pénal · Déroulé

De la plainte au jugement

Une procédure pénale visant un médecin suit généralement un enchaînement prévisible, dont chaque étape ouvre des marges de défense. Connaître cet ordre permet d'anticiper plutôt que de subir.

  • La plainte : déposée par le patient, sa famille, la CPAM ou signalée par un établissement. Le médecin n'en est pas nécessairement informé. En cas de classement sans suite, le plaignant peut saisir un juge d'instruction par une plainte avec constitution de partie civile.
  • L'enquête préliminaire : conduite sous l'autorité du procureur de la République, elle comprend les réquisitions de dossiers médicaux, l'audition des soignants, parfois une expertise ordonnée par le parquet.
  • L'audition libre ou la garde à vue : le médecin est entendu comme suspect. L'assistance d'un avocat et le droit de se taire s'appliquent dans les deux cas.
  • La perquisition au cabinet : l'article 56-3 du Code de procédure pénale impose qu'elle soit effectuée par un magistrat, en présence du responsable de l'Ordre ou de son représentant.
  • La décision du parquet : classement sans suite, alternative aux poursuites, comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, convocation devant le tribunal correctionnel ou ouverture d'une information judiciaire.
  • L'instruction : mise en examen ou statut de témoin assisté, expertises contradictoires, demandes d'actes, puis ordonnance de non-lieu ou de renvoi.
  • L'audience correctionnelle, puis éventuellement l'appel.

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, articles 495-7 et suivants du Code de procédure pénale) mérite une attention particulière. Proposée par le procureur, elle suppose que le médecin reconnaisse les faits en échange d'une peine négociée, homologuée par un juge. Elle évite une audience publique, mais une reconnaissance de culpabilité a des conséquences devant l'Ordre et dans le procès civil. Elle ne s'accepte jamais sans une analyse complète du dossier.

Les articles du Code de procédure pénale cités sur cette page sont ceux en vigueur aujourd'hui : l'ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025, qui refond ce code, en modifiera la numérotation au 1er janvier 2029.

PrescriptionEn matière délictuelle, l'action publique se prescrit par six ans. Le point de départ, en matière d'atteintes involontaires ou de fraude, fait souvent l'objet de débats qu'il faut examiner dès la première lecture du dossier.
Plainte pénale d'un patient →
xii.
Pénal · Mesures de sûreté

Contrôle judiciaire et interdiction d'exercer

Lorsqu'un médecin est mis en examen, le juge d'instruction ou le juge des libertés et de la détention peut le placer sous contrôle judiciaire. Parmi les obligations prévues par l'article 138 du Code de procédure pénale figure l'interdiction de se livrer à certaines activités de nature professionnelle lorsque l'infraction a été commise dans l'exercice ou à l'occasion de ces activités et qu'il est à redouter qu'une nouvelle infraction soit commise.

Pour un praticien libéral, une interdiction d'exercer prononcée avant tout jugement a des conséquences immédiates : fermeture du cabinet, patientèle dispersée, charges qui continuent de courir, remplaçant à trouver. La défense agit sur deux plans. En amont, elle prépare l'interrogatoire de première comparution en présentant des garanties : organisation du cabinet, présence d'un tiers lors des examens, limitation volontaire de certains actes. En aval, elle conteste la mesure devant la chambre de l'instruction et sollicite sa mainlevée ou son aménagement dès que les éléments du dossier le permettent.

Une interdiction limitée à un type d'acte ou à une catégorie de patients est souvent plus proportionnée qu'une interdiction totale. C'est ce travail de proportionnalité qui permet, dans nombre de dossiers, de préserver l'activité du médecin pendant la durée de l'instruction.

Mise en examen du médecin →
xiii.
Pénal · Premiers réflexes

Vous êtes convoqué : les bons réflexes

Une convocation par un officier de police judiciaire, un appel d'un enquêteur ou une citation devant le tribunal correctionnel produit souvent le même réflexe : vouloir s'expliquer tout de suite pour dissiper le malentendu. C'est précisément ce qu'il faut éviter. Quelques règles simples protègent votre défense.

  • Ne répondez pas sur le fond au téléphone et ne vous rendez à aucune audition sans avoir consulté un avocat. Demandez l'objet de la convocation, la qualité sous laquelle vous êtes entendu et la date proposée.
  • Ne modifiez rien dans le dossier médical. Toute annotation postérieure aux faits, même de bonne foi, sera détectée par l'horodatage informatique et interprétée contre vous.
  • Rassemblez les éléments : dossier du patient, agenda, correspondances, comptes rendus, protocoles du service, planning de garde. Remettez-les à votre avocat, pas aux enquêteurs sans cadre légal.
  • Déclarez le sinistre à votre assureur de responsabilité civile professionnelle et à votre protection juridique dès la réception de la convocation.
  • Ne contactez pas le patient ni sa famille, ni directement ni par l'intermédiaire d'un confrère.
  • Restez discret : pas de message sur les réseaux sociaux, pas de commentaire auprès de l'équipe au-delà du strict nécessaire.

En cas de garde à vue ou de perquisition en cours, le délai n'est plus de quelques jours mais de quelques minutes. La page urgence indique comment joindre le cabinet immédiatement.

Convocation au tribunal correctionnel →
xiv.
Pénal · Procédures parallèles

Pénal, Ordre, CPAM : une seule stratégie

Une même affaire expose rarement le médecin à une seule procédure. Une plainte pénale pour blessures involontaires s'accompagne souvent d'une plainte devant le conseil départemental de l'Ordre et d'une demande d'indemnisation devant la commission de conciliation et d'indemnisation ou le tribunal judiciaire. Une plainte de la CPAM pour escroquerie s'articule avec la notification d'indu et la procédure de pénalité financière. Des faits graves peuvent enfin conduire le directeur général de l'ARS à prononcer une suspension immédiate.

Ces procédures sont juridiquement indépendantes : une relaxe n'interdit pas une sanction disciplinaire, et un classement sans suite n'éteint pas l'action de la caisse. Elles sont pourtant liées dans les faits. Les pièces circulent, les déclarations sont comparées, et un aveu partiel devant l'Ordre peut être versé au dossier pénal. La juridiction disciplinaire peut aussi surseoir à statuer dans l'attente du jugement pénal, ce qui peut être une stratégie utile ou, au contraire, un risque de retard.

Le cabinet défend les médecins devant ces différentes instances. Cette vision d'ensemble permet d'aligner les argumentaires, de choisir l'ordre dans lequel les éléments sont produits, et d'éviter les contradictions qui fragilisent une défense. Voir aussi nos pages consacrées à l'Ordre des médecins et à la CPAM.

xv.
Pénal · Prise en charge

Assurance RCP et protection juridique

La plupart des contrats de responsabilité civile professionnelle souscrits par les médecins libéraux, ainsi que les contrats de protection juridique, comportent une garantie de défense pénale. Elle couvre en tout ou partie les honoraires d'avocat, les frais d'expertise amiable et, selon les contrats, les frais de consignation d'une expertise judiciaire. Les amendes pénales, en revanche, ne sont jamais assurables.

Il est essentiel de déclarer le dossier sans attendre et de conserver la trace de cette déclaration. L'assureur peut proposer un avocat de son réseau ; la loi vous garantit néanmoins le libre choix de votre défenseur. Pour les praticiens salariés d'un établissement, la protection fonctionnelle ou l'assurance de l'établissement peuvent aussi intervenir, selon le statut et les faits reprochés.

Dans la majorité des dossiers, vous ne payez aucun honoraire au-delà de ce que prend en charge votre assureur (responsabilité civile professionnelle ou protection juridique), en conciliation comme en jugement. Vous choisissez librement votre avocat.

Honoraires et prise en charge →
xvi.
Pénal · Jurisprudence récente

Ce que disent les juges

La chambre criminelle de la Cour de cassation précise régulièrement la portée des poursuites visant les professionnels de santé. Trois arrêts récents intéressent directement la défense du médecin.

Cass. crim., 17 février 2026, n° 25-81.335 — Un pharmacien frappé par son Ordre d'une interdiction d'exercer avait continué à délivrer des médicaments et à en demander le remboursement à la CPAM. La Cour juge que la régularité des prescriptions et la réalité de la délivrance sont sans incidence sur l'intention frauduleuse comme sur le préjudice de la caisse, qui n'est pas tenue de prendre en charge des prestations irrégulièrement facturées ; elle casse l'arrêt qui avait rejeté les demandes de la caisse ; la relaxe pénale, devenue définitive, n'était plus en cause, mais l'action civile de la caisse est rejugée. À retenir : tout acte facturé pendant une interdiction ou une suspension expose à la fois au pénal et au remboursement intégral. Lire l'arrêt sur Légifrance

Cass. crim., 12 mars 2025, n° 23-86.632 — Un médecin avait été condamné pour avoir facilité l'usage de stupéfiants en prescrivant un morphinique hors indication, les faits d'escroquerie ayant fait l'objet d'un non-lieu. La Cour casse l'arrêt qui l'avait condamné à indemniser la CPAM : le préjudice de la caisse trouvait son origine directe non dans l'infraction reprochée au médecin, mais dans les demandes de remboursement des assurés. À retenir : la qualification finalement retenue détermine qui peut se constituer partie civile et ce qu'elle peut réclamer ; écarter l'escroquerie a un enjeu financier considérable. Lire l'arrêt sur Légifrance

Cass. crim., 11 février 2025, n° 24-82.869 — Poursuivi pour homicide involontaire après le décès d'une salariée dont il n'avait pas organisé le suivi médical, un employeur invoquait des expertises divergentes et une simple perte de chance. La Cour rejette le pourvoi : en s'appuyant sur l'expertise et l'autopsie qu'ils jugeaient probantes, et en retenant qu'il suffit que la faute ait contribué au décès, les juges d'appel ont fait ressortir un lien de causalité certain, sans avoir à répondre à l'argument tiré de la perte de chance. À retenir : dans les atteintes involontaires, la causalité se gagne ou se perd sur l'expertise, qu'il faut discuter dès l'enquête et l'instruction. Lire l'arrêt sur Légifrance

xvii.
Pénal · Paris & Île-de-France

Avocat du médecin à Paris et en Île-de-France

Installé dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, le cabinet assiste les médecins devant les juridictions pénales de toute l'Île-de-France : tribunaux judiciaires de Paris, Nanterre, Bobigny, Créteil, Versailles, Évry, Pontoise, Meaux et Melun, cours d'appel de Paris et de Versailles. Les gardes à vue se déroulent dans les commissariats et brigades de gendarmerie de la région, souvent avec un préavis très court : la proximité géographique permet d'être présent dès la première heure.

Le tribunal judiciaire de Paris dispose d'un pôle de santé publique qui traite des affaires sanitaires complexes, parfois à dimension nationale. Ces dossiers, souvent longs et techniques, mobilisent des expertises lourdes et de nombreuses parties civiles. Une défense rigoureuse, construite sur la maîtrise du dossier médical et de la procédure pénale, y est indispensable.

Pour les médecins de la capitale, notre page avocat pour médecin à Paris présente l'ensemble des contentieux traités, de la CPAM à l'Ordre. Consultez également nos articles sur la garde à vue du médecin et la perquisition au cabinet médical.

ODAYA Avocats intervient à Paris, en Île-de-France et partout en France. Le premier entretien téléphonique de 20 minutes est offert et confidentiel : il permet de faire le point sur votre situation et sur les premières mesures à prendre.

Questions fréquentes

Un médecin peut-il être placé en garde à vue pour une erreur médicale ?

Oui, si les enquêteurs le soupçonnent d'avoir commis une infraction punie d'emprisonnement, comme des blessures ou un homicide involontaires. En pratique, l'audition libre est plus fréquente. Dans les deux cas, vous avez droit à l'assistance d'un avocat et au silence.

Faut-il répondre aux questions lors d'une audition libre ?

Vous n'y êtes jamais obligé. Il est souvent préférable de préparer l'audition avec votre avocat, puis de répondre de manière précise et mesurée, ou de réserver vos explications lorsque le dossier n'est pas encore connu.

Une erreur de diagnostic suffit-elle à engager ma responsabilité pénale ?

Pas nécessairement. Lorsque le lien de causalité est indirect, l'article 121-3 du Code pénal exige une faute caractérisée ou la violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence. Une simple erreur d'appréciation ne répond pas, en principe, à ce seuil.

Que se passe-t-il si la police perquisitionne mon cabinet ?

La perquisition doit être réalisée par un magistrat, en présence d'un représentant de l'Ordre. Vous pouvez prévenir votre avocat, signaler les documents couverts par le secret et demander leur placement sous scellés. Ne vous opposez pas physiquement à l'opération.

Le juge peut-il m'interdire d'exercer pendant l'instruction ?

Oui, au titre du contrôle judiciaire, lorsque les faits ont été commis dans l'exercice de la profession. La mesure peut être contestée devant la chambre de l'instruction et faire l'objet d'une demande de mainlevée ou d'aménagement.

Dois-je accepter une CRPC proposée par le procureur ?

Pas sans une analyse complète du dossier. La CRPC évite une audience publique, mais elle suppose de reconnaître les faits, ce qui a des effets devant l'Ordre et dans le procès en indemnisation. Il faut comparer cette voie avec les chances d'une relaxe.

Une condamnation pénale entraîne-t-elle automatiquement une sanction de l'Ordre ?

Non. La chambre disciplinaire statue de manière indépendante, mais elle s'appuie souvent sur les faits établis par le juge pénal. À l'inverse, une relaxe n'empêche pas une poursuite disciplinaire. D'où l'intérêt d'une stratégie commune aux deux procédures.

Mes frais de défense pénale sont-ils pris en charge ?

Dans la majorité des cas, oui, par la garantie défense pénale de votre assurance RCP ou de votre protection juridique. Déclarez le dossier dès la première convocation. Vous restez libre de choisir votre avocat.

Une convocation, une garde à vue, une perquisition ?

Le cabinet intervient en urgence, jour et nuit. Premier entretien de 20 minutes offert et confidentiel.

Honoraires pris en charge par votre assureur dans la majorité des cas, en conciliation comme en jugement.

Prendre rendez-vous →
Adresse
174 rue de Courcelles, 75017 Paris
Email
contact@odaya-avocats.fr
Horaires
Lun. – Ven. · 9h – 19h
✉ Contact Prendre RDV →