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Cabinet établi à Paris depuis 2018 Intervention partout en France Lun. – Ven. · 9h – 19h
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Expertise · ii.

Face au patient.

Plainte pénale, CCI compétente, responsabilité civile devant le Tribunal judiciaire compétent, diffamation en ligne, expertise médicale judiciaire. Une réclamation de patient peut emprunter plusieurs voies parallèles qu'il faut identifier et articuler dès le premier courrier. Cabinet à Paris 17ᵉ, intervention dans toute l'Île-de-France et partout en France.

CCI compétenteTJ compétent (civil)Tribunal correctionnelCour d'appelExpertises judiciaires
i.
Contentieux · Pénal

Plainte pénale d'un patient

Une plainte pénale déposée par un patient — homicide involontaire, blessures involontaires, non-assistance à personne en péril — ouvre une procédure distincte des voies disciplinaire et civile. Les premières heures sont déterminantes : la conservation du dossier médical dans son état au jour de la connaissance de la plainte, la saisie immédiate d'un avocat, l'information de l'assureur RCP, l'exercice du droit au silence le cas échéant.

Le cabinet coordonne la défense avec l'assureur de responsabilité civile professionnelle, prépare le médecin avant les auditions et les confrontations, et construit la défense au fond autour des données acquises de la science.

Appel correctionnel
10 jours
à compter du prononcé (art. 498 CPP)
Fondement
221-6 / 222-19 s. CP
homicide / blessures involontaires
Assurance
Déclaration
à votre assureur RCP dès la plainte ou la convocation
Ne pas répondre seulToute déclaration faite sans avocat peut être exploitée. Saisir le conseil dès la convocation ou la garde à vue.
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ii.
Contentieux · CCI

CCI Île-de-France · procédure amiable

La Commission de Conciliation et d'Indemnisation (CCI) d'Île-de-France est la voie amiable d'indemnisation prévue aux articles L.1142-5 et suivants du Code de la santé publique. Elle traite des accidents médicaux, affections iatrogènes et infections nosocomiales dès lors que les seuils de gravité sont atteints.

Deux régimes coexistent : la faute prouvée (prise en charge par l'assureur du médecin) et l'aléa thérapeutique sans faute (indemnisation par l'ONIAM). La défense du médecin consiste d'abord à objectiver la conformité aux données acquises de la science, puis à encadrer la discussion de l'imputabilité et du quantum.

Prescription
10 ans
à compter de la consolidation (L.1142-28 CSP)
Effet
Suspensif
la saisine suspend la prescription
Seuils
Art. D.1142-1
AIPP > 24 %, arrêt d'activité ou DFT ≥ 50 % pendant 6 mois, inaptitude
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iii.
Contentieux · Civil

Responsabilité civile devant le TJ compétent

Devant le tribunal judiciaire compétent, le médecin libéral est tenu d'une obligation de moyens : il engage sa responsabilité s'il est démontré qu'il n'a pas agi conformément aux données acquises de la science, avec un lien de causalité direct entre la faute et le dommage. La procédure s'articule autour de l'expertise judiciaire, qui détermine souvent l'issue du litige.

Notre rôle consiste à préparer l'expertise, à contester techniquement le pré-rapport (dires), à coordonner la défense avec l'assureur et à plaider au fond sur l'absence de faute, sur l'imputabilité et sur le quantum des préjudices.

Prescription
10 ans
à compter de la consolidation (art. L.1142-28 CSP)
Obligation
De moyens
hors défaut d'un produit de santé
Appel civil
1 mois
à compter de la signification (art. 538 CPC)
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iv.
Contentieux · Diffamation

Avis Doctolib / Google · diffamation

Un avis injurieux, diffamatoire ou manifestement mensonger posté sur Doctolib, Google Business ou une autre plateforme peut engager la responsabilité civile et pénale de son auteur. La stratégie repose sur un double axe : obtenir le retrait de l'avis auprès de la plateforme (signalement prévu par la LCEN et le règlement européen sur les services numériques), et engager le cas échéant une action en diffamation ou en dénigrement contre l'auteur.

Le cabinet qualifie juridiquement les propos, fait établir les constats de commissaire de justice nécessaires, rédige les mises en demeure, saisit les plateformes, et engage les procédures contentieuses devant le Tribunal judiciaire ou le Tribunal correctionnel compétent.

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v.
Contentieux · Expertise

Expertise médicale judiciaire

L'expertise judiciaire est souvent le moment décisif d'un contentieux médical. La désignation d'un expert, la transmission du dossier, l'entretien avec le patient, le pré-rapport, les dires, le rapport définitif : chaque étape se prépare avec rigueur. Un dire technique bien argumenté peut conduire l'expert à revoir ses conclusions.

Notre accompagnement couvre la préparation du dossier d'expertise (dossier médical complet, chronologie, références de littérature), la présence aux opérations d'expertise, la rédaction des dires contradictoires, et l'articulation avec le sapiteur le cas échéant.

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vi.
Stratégie · Vue d'ensemble

Médecin mis en cause par un patient · les cinq voies et leur cumul

Un patient mécontent dispose de plusieurs voies, qu'il peut emprunter successivement ou en même temps. Pour le médecin, la première difficulté consiste souvent à comprendre quelle procédure est réellement engagée, derrière un courrier, un appel ou une convocation. Chacune obéit à ses propres règles, à ses propres délais et à ses propres enjeux.

  • La réclamation amiable : un courrier du patient, de sa famille ou de son avocat, qui demande des explications, le dossier médical ou une indemnisation. Elle n'a aucune force contraignante, mais elle prépare presque toujours une procédure plus lourde.
  • La CCI : la commission de conciliation et d'indemnisation, voie gratuite pour le patient, qui organise une expertise et rend un avis sur la responsabilité et l'indemnisation.
  • L'action civile devant le tribunal judiciaire : elle vise la réparation financière du dommage. Pour des soins reçus dans un hôpital public, l'action est dirigée contre l'établissement devant le tribunal administratif, le praticien hospitalier n'étant personnellement responsable qu'en cas de faute détachable du service.
  • La plainte pénale : elle vise une sanction (blessures ou homicide involontaires, non-assistance à personne en péril, violation du secret professionnel) et peut s'accompagner d'une demande de réparation par constitution de partie civile.
  • La plainte ordinale devant le conseil départemental de l'Ordre des médecins : elle vise un manquement déontologique et peut aboutir à une sanction disciplinaire, sans indemnisation du patient.

Ces voies ne s'excluent pas. Un même patient peut saisir la CCI, déposer plainte auprès du procureur de la République et adresser une plainte au conseil départemental de l'Ordre. Le danger, pour le médecin, tient à la cohérence de sa défense : une explication écrite adressée à l'Ordre peut être lue par l'expert, une déclaration faite en audition peut être versée au dossier civil, une réponse maladroite au patient peut être produite devant la commission. Notre premier travail consiste donc à cartographier toutes les procédures en cours ou prévisibles, puis à définir une ligne unique, tenue sur chaque front.

Pour les voies pénale et ordinale, qui supposent une préparation propre, vous trouverez le détail des étapes sur nos pages plainte pénale d'un patient et plainte ordinale.

Voies ouvertes
5
amiable, CCI, civil, pénal, ordinal
Cumul
Possible
procédures indépendantes les unes des autres
Enjeu
Cohérence
une seule ligne de défense sur tous les fronts
vii.
Fond · Régime de la faute

Responsabilité médicale · pas de faute, pas de responsabilité

L'article L.1142-1 du Code de la santé publique pose un principe essentiel pour la défense du médecin : hors le cas d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé ne sont responsables des conséquences dommageables de leurs actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Une complication, même grave, ne suffit donc pas à engager la responsabilité du praticien. Le patient doit démontrer une faute, un dommage et un lien de causalité entre les deux.

La faute s'apprécie au regard des données acquises de la science à la date de l'acte, et non à la lumière de ce que l'on sait après coup. Elle peut être technique (geste opératoire, erreur de diagnostic fautive, retard de prise en charge, surveillance insuffisante), relever de l'organisation (défaut de suivi, absence de transmission) ou tenir à un manquement au devoir d'information. L'erreur de diagnostic n'est pas en elle-même fautive : elle ne l'est que si le médecin n'a pas mis en œuvre les moyens et les investigations qu'imposait la situation.

Lorsque aucune faute n'est établie mais qu'un accident médical grave est survenu, l'indemnisation du patient relève, si les seuils de gravité sont atteints, de la solidarité nationale par l'intermédiaire de l'ONIAM. C'est l'aléa thérapeutique : le dommage est réparé sans que la responsabilité du médecin soit retenue. La frontière entre faute et aléa constitue très souvent le cœur du débat, et c'est là que la défense se joue.

Deux autres notions reviennent dans presque tous les dossiers. La perte de chance d'abord : lorsque la faute n'a pas causé le dommage mais a seulement fait perdre au patient une chance de l'éviter, seule une fraction du préjudice est réparée, ce qui modifie profondément le montant en jeu. L'imputabilité ensuite : il faut distinguer ce qui relève de l'état antérieur du patient, de l'évolution naturelle de sa pathologie et de l'acte discuté. Un travail rigoureux sur ces deux points permet souvent de réduire considérablement la portée d'une réclamation, même lorsqu'une faute est retenue.

Obligation d'assuranceLe Code de la santé publique impose au médecin libéral de souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle. C'est cette assurance qui indemnise le patient lorsque la faute est retenue, et qui finance le plus souvent la défense.
Erreur médicale devant le tribunal judiciaire →
viii.
Fond · Devoir d'information

Défaut d'information et préjudice d'impréparation

Le reproche le plus fréquent, après l'erreur technique, porte sur l'information. L'article L.1111-2 du Code de la santé publique impose au médecin d'informer le patient sur les investigations, traitements ou actions de prévention proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles, les autres solutions possibles et les conséquences prévisibles en cas de refus. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent dispenser de cette obligation ; la volonté du patient d'être tenu dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic doit par ailleurs être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission.

Le défaut d'information peut produire deux types de conséquences. Il peut d'abord avoir fait perdre au patient la chance de refuser l'intervention ou de choisir une autre option : l'indemnisation porte alors sur une fraction du dommage corporel, appréciée selon la probabilité qu'un patient correctement informé aurait renoncé à l'acte. Il peut ensuite causer un préjudice d'impréparation : le patient qui n'a pas été prévenu d'un risque qui s'est réalisé n'a pas pu s'y préparer psychologiquement et matériellement. Ce préjudice moral autonome est indemnisé même lorsque l'acte était indispensable et que le patient l'aurait de toute façon accepté.

La défense sur ce terrain est rarement perdue d'avance, à condition de la construire avec méthode. Le médecin doit démontrer qu'il a délivré l'information, mais il peut le faire par tous moyens. La discussion porte aussi sur la nature du risque réalisé (était-il fréquent ou grave et normalement prévisible ?), sur l'état d'information préalable du patient (antécédents d'interventions identiques, consultations successives) et sur l'existence d'une urgence.

La preuve de l'information

L'article L.1111-2 précise qu'en cas de litige, il appartient au professionnel d'apporter la preuve que l'information a été délivrée, et que cette preuve peut être apportée par tout moyen. Aucun écrit signé n'est donc exigé. En pratique, la preuve se reconstitue à partir d'un faisceau d'éléments :

  • les mentions portées au dossier médical, notamment la date de la consultation d'annonce et les risques discutés ;
  • les fiches d'information remises, les courriers adressés au patient ou au médecin traitant après chaque consultation ;
  • le nombre de consultations préalables et le délai de réflexion laissé avant l'intervention ;
  • le consentement éclairé signé, lorsqu'il existe, qui n'est qu'un élément parmi d'autres ;
  • les attestations du personnel présent lors des échanges.

Ces pièces doivent être rassemblées dès le début du litige, dans l'état où elles se trouvent. Un document ajouté ou complété après la réclamation affaiblirait l'ensemble de la défense et pourrait constituer une infraction.

ix.
Précontentieux · Dossier médical

Le patient demande son dossier médical

La demande de communication du dossier médical est souvent le premier signe d'un contentieux à venir. Le patient, ou son avocat, cherche à réunir les pièces nécessaires à une saisine de la CCI, à une demande d'expertise ou à une plainte. Elle ne doit ni être ignorée, ni être traitée dans la précipitation.

L'article L.1111-7 du Code de la santé publique fixe le cadre. Le patient accède directement aux informations de santé le concernant, au plus tard dans les huit jours suivant sa demande et au plus tôt après un délai de réflexion de quarante-huit heures. Ce délai est porté à deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans. La consultation sur place est gratuite ; en cas de délivrance de copies, les frais ne peuvent excéder le coût de la reproduction et, le cas échéant, de l'envoi. Un refus ou un retard injustifié exposerait le médecin à une plainte ordinale supplémentaire et nuirait à sa crédibilité devant l'expert.

Avant tout envoi, quelques précautions s'imposent :

  • vérifier la qualité du demandeur (patient lui-même, représentant légal, ayant droit d'un patient décédé, dont l'accès est limité à certaines finalités) ;
  • transmettre le dossier tel qu'il existe, sans ajout, suppression ni annotation postérieure ;
  • conserver une copie intégrale et datée de ce qui a été communiqué ;
  • ne joindre aucun commentaire, justification ou lettre d'explication sur les soins sans avoir mesuré la portée de chaque phrase.

C'est aussi le bon moment pour déclarer la situation à votre assureur de responsabilité civile professionnelle et pour consulter un avocat. Une demande de dossier suivie d'un courrier de l'avocat du patient doit être regardée comme une réclamation au sens de votre contrat.

Ne jamais modifier le dossierCompléter a posteriori un compte rendu ou une mention d'information, même de bonne foi, peut être qualifié de faux et ruiner une défense qui était solide sur le fond.
x.
Procédure · Expertise

Expertise contradictoire · dires et médecin-conseil

Qu'elle soit ordonnée par la CCI, par le juge des référés ou par le juge d'instruction, l'expertise médicale fixe les faits sur lesquels toute la suite reposera. Devant la juridiction civile, le patient la sollicite souvent avant tout procès, par un référé-expertise fondé sur l'article 145 du Code de procédure civile. Le médecin est alors assigné, parfois quelques semaines seulement avant l'audience : c'est le moment de discuter la mission de l'expert, sa discipline, et l'opportunité d'un sapiteur.

L'expertise civile et l'expertise CCI sont contradictoires : chaque partie est convoquée aux opérations, reçoit les pièces communiquées par les autres et peut formuler des observations. Ce principe est une protection pour le médecin, à condition de l'exercer. Nous veillons à ce que toutes les pièces utiles soient transmises à temps, à ce que l'expert ne se fonde pas sur des éléments non discutés et à ce que la chronologie retenue soit exacte.

Le médecin-conseil de défense, désigné en principe par l'assureur ou choisi en accord avec lui, assiste le praticien lors de la réunion d'expertise. Il connaît la discipline, dialogue avec l'expert sur un pied d'égalité technique et prépare avec l'avocat les arguments médicaux. Le tandem avocat et médecin-conseil contribue à une expertise équilibrée : l'un maîtrise la procédure et la qualification juridique, l'autre la démonstration scientifique.

Après la réunion, l'expert adresse généralement un pré-rapport et fixe un délai pour présenter des dires, c'est-à-dire des observations écrites auxquelles il doit répondre. Un dire efficace est précis, documenté (recommandations de bonne pratique, littérature, pièces du dossier) et centré sur les points décisifs : existence d'une faute, causalité, perte de chance, état antérieur, date de consolidation. Ce qui n'a pas été contesté à ce stade est ensuite très difficile à remettre en cause devant le juge.

Pour vous préparer concrètement à la réunion d'expertise, consultez notre article préparer une expertise médicale.

Référé-expertise
Art. 145 CPC
mesure d'instruction avant tout procès
Principe
Contradictoire
convocation, pièces, observations
Outil clé
Les dires
auxquels l'expert doit répondre
xi.
Assurance · RCP

Le rôle de votre assureur RCP

Dès qu'une réclamation apparaît (courrier du patient, demande de dossier suivie d'une mise en cause, saisine de la CCI, assignation, convocation par les enquêteurs), elle doit être déclarée à l'assureur de responsabilité civile professionnelle dans le délai prévu au contrat. Une déclaration tardive peut compliquer la prise en charge. La déclaration est factuelle : elle décrit la réclamation, joint les pièces reçues et ne contient aucune reconnaissance de responsabilité.

La plupart des contrats confient à l'assureur la direction du procès pour la part civile du litige : c'est lui qui indemnise le patient si la faute est retenue, il a donc la maîtrise de la transaction et des choix de procédure sur les intérêts civils. Le médecin conserve toutefois des intérêts propres, qui ne coïncident pas toujours avec ceux de l'assureur : sa réputation, son inscription au tableau, sa liberté en cas de poursuites pénales, sa relation avec sa patientèle. C'est pourquoi il est essentiel d'être conseillé par un avocat qui défend le médecin, en lien étroit avec l'assureur.

Le médecin n'est pas tenu d'accepter l'avocat proposé par son assureur. Le libre choix de l'avocat est garanti par la loi en matière de protection juridique, et de nombreux contrats de responsabilité civile professionnelle le prévoient, notamment pour la défense pénale et disciplinaire : vérifiez les conditions de votre contrat. Nous prenons contact avec votre assureur dès notre saisine, pour organiser la prise en charge et la coordination avec le médecin-conseil.

Dans la majorité des dossiers, vous ne payez aucun honoraire au-delà de ce que prend en charge votre assureur (responsabilité civile professionnelle ou protection juridique), en conciliation comme en jugement. Vous choisissez librement votre avocat.

Nos honoraires et la prise en charge →
xii.
Précontentieux · Réclamation et e-réputation

Réclamation amiable et avis négatifs en ligne

Beaucoup de contentieux commencent par un simple courrier. Le patient exprime un mécontentement, évoque une complication, demande un geste commercial ou un remboursement d'honoraires. La tentation est grande de répondre immédiatement, pour s'expliquer ou apaiser. Il faut pourtant retenir trois règles : ne jamais reconnaître une faute, ne jamais proposer d'indemnisation sans l'accord de l'assureur, et ne jamais adresser au patient une lettre qui pourrait être produite ultérieurement contre vous sans l'avoir fait relire.

Cela ne signifie pas qu'il faille se taire. Après un dommage, l'article L.1142-4 du Code de la santé publique impose d'ailleurs d'informer le patient sur les circonstances et les causes de ce dommage, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse du patient, lors d'un entretien au cours duquel il peut se faire assister. Cet entretien, lorsqu'il est préparé, apaise souvent la relation et évite des procédures. Mal conduit, il devient une pièce à charge. Nous aidons le médecin à le préparer et à en garder une trace fidèle.

Le mécontentement du patient s'exprime aussi, de plus en plus, sur Internet : avis Google, commentaires sur les plateformes de prise de rendez-vous, publications sur les réseaux sociaux. Face à un avis injurieux ou mensonger, deux erreurs sont à éviter. La première consiste à répondre publiquement en révélant des éléments du dossier : même pour rétablir la vérité, le médecin qui évoque la pathologie, le traitement ou le comportement d'un patient viole le secret médical et s'expose à une plainte ordinale ou pénale. La seconde consiste à laisser passer le temps : en matière de diffamation publique, l'action se prescrit par trois mois à compter de la publication.

La réponse efficace est juridique : constat de la publication, qualification des propos (diffamation, injure, dénigrement ou simple critique libre), demande de retrait auprès de l'hébergeur, puis, si nécessaire, action contre l'auteur. Le détail de cette stratégie figure dans notre article avis négatifs et diffamation sur Doctolib et Google.

Secret médicalUne réponse publique à un avis ne doit jamais confirmer qu'une personne est votre patient, ni évoquer un élément de sa prise en charge.
xiii.
Délais · Prescription

Prescription et calendrier d'un dossier

Un médecin peut être mis en cause longtemps après les soins. L'article L.1142-28 du Code de la santé publique prévoit que les actions tendant à mettre en cause la responsabilité des professionnels de santé à l'occasion d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins se prescrivent par dix ans à compter de la consolidation du dommage. La consolidation n'étant fixée qu'une fois l'état du patient stabilisé, le point de départ peut se situer plusieurs années après l'acte.

Ce délai n'est pas figé. La saisine de la CCI suspend les délais de prescription et de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure (article L.1142-7). La commission rend son avis dans un délai de six mois à compter de sa saisine (article L.1142-8). Lorsque l'avis retient la responsabilité du médecin, son assureur dispose de quatre mois à compter de la réception de l'avis pour adresser une offre d'indemnisation au patient (article L.1142-14). Le patient reste libre de refuser l'offre et de saisir le tribunal.

Les délais pénaux obéissent à d'autres règles : les délits non intentionnels, comme les blessures ou l'homicide involontaires, se prescrivent en principe par six ans à compter du jour où l'infraction a été commise, sous réserve des actes qui interrompent la prescription. La procédure disciplinaire devant l'Ordre suit encore un calendrier propre, rythmé par la conciliation puis par la transmission à la chambre disciplinaire.

Pour le médecin, la conséquence pratique est simple : il faut conserver les dossiers et tous les éléments de preuve de l'information pendant une très longue durée, et faire vérifier par un avocat, à réception de chaque acte, si la demande n'est pas prescrite. Une fin de non-recevoir tirée de la prescription est un moyen de défense à part entière, qui peut mettre fin au litige sans débat au fond.

Avis CCI
6 mois
à compter de la saisine (L.1142-8 CSP)
Offre de l'assureur
4 mois
après réception de l'avis (L.1142-14 CSP)
Délits non intentionnels
6 ans
prescription de l'action publique
xiv.
Jurisprudence récente

Ce que disent les juges

Trois décisions récentes illustrent la manière dont les juges apprécient la faute, l'information et la perte de chance, devant le juge judiciaire pour l'exercice libéral et devant le juge administratif pour l'hôpital public.

Cass. 1re civ., 9 avril 2025, n° 23-21.387 — La Cour de cassation rejette le pourvoi d'une patiente opérée d'une lésion du pied : les juges du fond avaient écarté toute erreur de diagnostic fautive du chirurgien, estimé que l'information avait bien été délivrée malgré une consultation préopératoire tardive, non imputable au praticien, et relevé que les séquelles étaient liées à la lésion initiale. À retenir : une erreur de diagnostic n'est pas en soi une faute, et le lien de causalité avec l'état antérieur reste un terrain de défense décisif. Lire l'arrêt

Cass. 1re civ., 15 octobre 2025, n° 23-23.977 — Lorsqu'une faute a seulement fait perdre au patient une chance d'échapper à un accident médical, ici évaluée à 50 % lors de manœuvres obstétricales, le responsable ne répare que cette fraction ; si l'accident remplit les conditions de gravité et d'anormalité, la solidarité nationale (ONIAM) prend en charge le reste. À retenir : la discussion du taux de perte de chance détermine directement la part mise à la charge du praticien et de son assureur. Lire l'arrêt

CE, 5e et 6e ch. réunies, 4 juillet 2025, n° 482689 — Un centre hospitalier commet une faute en s'abstenant des examens complémentaires, parfois une simple analyse de sang, qui auraient permis de confirmer ou d'écarter un diagnostic posé à l'examen clinique ; la perte de chance de survie est toutefois limitée à 20 % au regard de la forte probabilité de ce diagnostic et de l'état antérieur de la patiente. Le Conseil d'État sanctionne aussi le non-respect de la procédure collégiale avant une limitation des soins. À retenir : l'ampleur de la perte de chance se discute au regard de l'état antérieur, et la traçabilité des décisions dans le dossier est essentielle. Lire la décision

xv.
Territoire · Île-de-France

CCI Île-de-France et tribunaux franciliens

Pour un médecin qui exerce à Paris ou en Île-de-France, la voie amiable passe par la CCI Île-de-France, compétente pour les actes réalisés dans la région. Elle examine d'abord la recevabilité de la demande au regard des seuils de gravité, puis désigne un ou plusieurs experts. Le médecin mis en cause est destinataire de la demande, convoqué aux opérations d'expertise et peut être entendu lors de la séance au cours de laquelle la commission examine le dossier. Il peut se faire assister par un avocat et présenter des observations. Notre article saisine de la CCI Île-de-France détaille le déroulement de la procédure.

Sur le terrain judiciaire, l'action civile est portée devant le tribunal judiciaire du domicile du médecin défendeur ou du lieu où les soins ont été dispensés : Paris, Nanterre, Bobigny, Créteil, Versailles, Évry, Pontoise, Meaux, Melun ou Fontainebleau selon les cas, avec un appel devant la cour d'appel de Paris ou celle de Versailles. Au pénal, les plaintes sont traitées par le parquet du tribunal judiciaire compétent ; les affaires de santé les plus complexes peuvent être confiées au pôle de santé publique du tribunal judiciaire de Paris. Les plaintes ordinales sont reçues par le conseil départemental de l'Ordre, puis, à défaut de conciliation, jugées par la chambre disciplinaire de première instance d'Île-de-France.

Chaque juridiction a ses usages, ses délais d'audiencement et ses listes d'experts. Cette connaissance du terrain francilien permet d'anticiper le calendrier d'un dossier et de préparer la défense en conséquence. Pour le contentieux civil parisien, consultez notre article erreur médicale devant le tribunal judiciaire de Paris ; pour les premières démarches après une plainte, notre article plainte pénale d'un patient : les bons réflexes.

ODAYA Avocats intervient à Paris, dans toute l'Île-de-France et partout en France pour défendre les médecins mis en cause par un patient, devant la CCI, les tribunaux civils et pénaux et les instances ordinales. Le premier entretien téléphonique de 20 minutes est offert et confidentiel : il permet d'identifier les procédures engagées et de fixer les premières priorités.

Questions fréquentes

Un patient peut-il engager ma responsabilité sans prouver de faute ?

En principe non. Le Code de la santé publique prévoit que le médecin n'est responsable des conséquences de ses actes qu'en cas de faute. Si aucune faute n'est démontrée, un accident médical grave peut être indemnisé par la solidarité nationale, via l'ONIAM, sans que votre responsabilité soit retenue.

Un patient peut-il saisir en même temps la CCI, le juge pénal et l'Ordre ?

Oui. Ces procédures sont indépendantes et peuvent se cumuler. Chacune a son objet propre : indemnisation, sanction pénale ou sanction disciplinaire. Il est essentiel de tenir une ligne de défense cohérente, car les déclarations faites dans une procédure peuvent être produites dans les autres.

Dois-je répondre au courrier de réclamation d'un patient ?

Il ne faut pas l'ignorer, mais il ne faut pas non plus y répondre seul. Déclarez d'abord la réclamation à votre assureur de responsabilité civile professionnelle, puis faites relire toute réponse par un avocat. Aucune reconnaissance de faute ni proposition d'indemnisation ne doit être faite sans l'accord de l'assureur.

Dans quel délai dois-je communiquer son dossier médical au patient ?

Au plus tard dans les huit jours suivant la demande, et au plus tôt après un délai de réflexion de quarante-huit heures. Ce délai est porté à deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans. Le dossier est transmis tel qu'il existe, sans aucune modification.

Comment prouver que j'ai informé le patient des risques ?

La preuve de l'information incombe au médecin, mais elle peut être apportée par tout moyen. Les mentions du dossier, les courriers de consultation, les fiches remises, le nombre de consultations préalables et le délai de réflexion forment un faisceau d'éléments. Un consentement signé n'est ni obligatoire ni suffisant à lui seul.

Pendant combien de temps un patient peut-il agir contre moi ?

L'action en responsabilité se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage, et non de la date des soins. La saisine de la CCI suspend ce délai jusqu'au terme de la procédure. Il est donc prudent de conserver très longtemps les dossiers et les preuves de l'information.

Puis-je choisir mon avocat plutôt que celui proposé par mon assureur ?

Oui. Le libre choix de l'avocat est garanti par la loi en matière de protection juridique et prévu par de nombreux contrats de responsabilité civile professionnelle. Nous organisons la prise en charge avec votre assureur dès notre saisine.

Puis-je répondre publiquement à un avis négatif d'un patient ?

Oui, mais sans jamais confirmer qu'il s'agit de votre patient ni évoquer un élément de sa prise en charge, sous peine de violer le secret médical. Face à un avis diffamatoire, il faut agir vite : l'action en diffamation publique se prescrit par trois mois à compter de la publication.

Une réclamation entre les mains ?

Qu'elle soit pénale, civile ou amiable, chaque voie a ses règles. Entretien de 20 minutes offert pour cadrer la stratégie.

Honoraires pris en charge par votre assureur dans la majorité des cas, en conciliation comme en jugement.

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Horaires
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