Beaucoup de contentieux commencent par un simple courrier. Le patient exprime un mécontentement, évoque une complication, demande un geste commercial ou un remboursement d'honoraires. La tentation est grande de répondre immédiatement, pour s'expliquer ou apaiser. Il faut pourtant retenir trois règles : ne jamais reconnaître une faute, ne jamais proposer d'indemnisation sans l'accord de l'assureur, et ne jamais adresser au patient une lettre qui pourrait être produite ultérieurement contre vous sans l'avoir fait relire.
Cela ne signifie pas qu'il faille se taire. Après un dommage, l'article L.1142-4 du Code de la santé publique impose d'ailleurs d'informer le patient sur les circonstances et les causes de ce dommage, au plus tard dans les quinze jours suivant sa découverte ou la demande expresse du patient, lors d'un entretien au cours duquel il peut se faire assister. Cet entretien, lorsqu'il est préparé, apaise souvent la relation et évite des procédures. Mal conduit, il devient une pièce à charge. Nous aidons le médecin à le préparer et à en garder une trace fidèle.
Le mécontentement du patient s'exprime aussi, de plus en plus, sur Internet : avis Google, commentaires sur les plateformes de prise de rendez-vous, publications sur les réseaux sociaux. Face à un avis injurieux ou mensonger, deux erreurs sont à éviter. La première consiste à répondre publiquement en révélant des éléments du dossier : même pour rétablir la vérité, le médecin qui évoque la pathologie, le traitement ou le comportement d'un patient viole le secret médical et s'expose à une plainte ordinale ou pénale. La seconde consiste à laisser passer le temps : en matière de diffamation publique, l'action se prescrit par trois mois à compter de la publication.
La réponse efficace est juridique : constat de la publication, qualification des propos (diffamation, injure, dénigrement ou simple critique libre), demande de retrait auprès de l'hébergeur, puis, si nécessaire, action contre l'auteur. Le détail de cette stratégie figure dans notre article avis négatifs et diffamation sur Doctolib et Google.
Secret médicalUne réponse publique à un avis ne doit jamais confirmer qu'une personne est votre patient, ni évoquer un élément de sa prise en charge.