Ce que la caisse appelle fraude
Pour l'assurance maladie, la fraude suppose un élément intentionnel : obtenir ou faire obtenir un paiement indu en le sachant. C'est ce qui la distingue de l'erreur de cotation, de la méconnaissance d'une règle de facturation ou d'une divergence d'appréciation médicale, qui relèvent de l'indu et, le cas échéant, de la faute ou de l'abus.
Les situations le plus souvent qualifiées de fraude par les caisses chez les médecins sont connues : actes facturés sans avoir été réalisés, cotations systématiquement supérieures à l'acte effectué, facturations pendant des périodes d'absence, prescriptions de complaisance, falsification de documents. Mais la frontière est contestable dans de nombreux dossiers : une habitude de cotation erronée pratiquée ouvertement pendant des années n'a pas la même portée qu'une dissimulation organisée.
Cette qualification n'est pas une formalité. Elle conditionne la durée sur laquelle la caisse peut remonter, le montant de la pénalité et l'éventualité d'une plainte. La contester, lorsque les faits le permettent, est souvent le premier enjeu de la défense.