Plainte abusive d'un patient devant l'Ordre des médecins : de quoi parle-t-on ?
Une plainte rejetée n'est pas, pour autant, une plainte abusive. La chambre disciplinaire peut écarter tous les griefs d'un patient tout en admettant sa bonne foi, parce qu'il s'est mépris sur un soin ou une information. Le droit de saisir l'Ordre est protégé : l'abus suppose davantage que l'échec.
Dans la pratique, le caractère abusif se discute lorsque la plainte révèle une intention de nuire, repose sur des faits que son auteur savait inexacts, poursuit un but étranger à la déontologie ou s'inscrit dans un acharnement procédural. Les configurations les plus fréquentes :
- Le litige d'argent déguisé : contestation d'un dépassement d'honoraires, refus d'un remboursement, pression pour obtenir un geste commercial.
- Le certificat refusé : le médecin qui n'a pas délivré le certificat, l'arrêt de travail ou l'attestation demandés devient la cible de la plainte.
- Le conflit familial : séparation, garde d'enfant, succession, où l'Ordre est saisi pour peser sur une autre procédure.
- La plainte en série : griefs réitérés à l'identique, plaintes successives contre plusieurs praticiens, écrits injurieux.
Ces éléments ne se présument pas : ils se démontrent à partir des échanges avec le patient et de la chronologie.