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Défense Indu · Chirurgien-dentiste

Indu CPAM chirurgien-dentiste : répondre point par point

Un indu CPAM de chirurgien-dentiste se construit souvent à partir d'un rapprochement entre vos facturations, les radiographies et l'examen des patients par le service médical. Codage CCAM, prothèses du 100 % Santé, entente préalable, dates d'actes : chaque grief suppose une réponse technique et documentée. ODAYA Avocats, qui défend les médecins, défend aussi les chirurgiens-dentistes face à la caisse ; cette page expose les réclamations habituelles et la manière de les contester.

CPAM de rattachementService du contrôle médical (chirurgien-dentiste conseil)Commission de recours amiable (CRA)Pôle social du tribunal judiciaire
i.
Le contrôle dentaire

Ce qui distingue l'indu CPAM du chirurgien-dentiste

À la différence de nombreuses professions, l'activité dentaire laisse des traces physiques. Une couronne posée, une dent obturée ou extraite peuvent être vérifiées des mois plus tard. Le service médical de la caisse, où interviennent des chirurgiens-dentistes conseils, peut convoquer une partie de vos patients pour les examiner et comparer l'état de leur bouche avec vos facturations. Il s'appuie aussi sur les radiographies et sur l'historique des remboursements, dent par dent.

Ce mode de contrôle produit des indus d'une nature particulière : l'acte est réputé non conforme à ce qui a été facturé, ou non réalisé. La frontière entre l'erreur de codage et l'accusation de facturation fictive est alors mince, et la manière dont vous répondez dès la phase de contrôle conditionne la suite, y compris sur le terrain pénal.

L'indu est notifié sur le fondement de l'article L. 133-4 du code de la sécurité sociale. Vous disposez de deux mois pour saisir la commission de recours amiable, et, hors fraude, la caisse ne peut réclamer que les sommes payées moins de trois ans avant l'envoi de la notification.

Texte
Art. L. 133-4 CSS
indu pour inobservation des règles de tarification
Recours amiable
2 mois
à compter de la réception
Prescription
3 ans
hors fraude
ii.
Codage

CCAM dentaire et soins conservateurs : les erreurs de codage

Depuis le 1er juin 2014, les actes techniques bucco-dentaires sont codés et facturés en CCAM ; l'orthodontie reste cotée à la nomenclature générale des actes professionnels. Le code décrit précisément l'acte : nombre de faces restaurées, type de dent traitée, technique employée. C'est ce degré de précision qui alimente les indus sur les soins conservateurs.

  • Nombre de faces : une restauration facturée sur trois faces alors que l'examen ou la radiographie n'en montre que deux.
  • Localisation : un acte porté sur une dent qui, selon l'historique, a déjà été extraite ou couronnée.
  • Endodontie : un traitement de canal coté pour une molaire alors que la dent traitée est une prémolaire, ou un retraitement non documenté.
  • Associations d'actes : des actes facturés ensemble alors que les règles de la CCAM limitent leur cumul ou les incluent dans un acte global.

Chaque ligne se discute avec votre dossier : radiographies pré et post-opératoires, notes cliniques, schéma dentaire. Une erreur de numérotation de dent, fréquente, n'a pas la même portée qu'un acte inexistant, et il faut le démontrer ligne par ligne.

iii.
Prothèses

Prothèses et 100 % Santé : devis, paniers, honoraires limites

La réforme du 100 % Santé a organisé les actes prothétiques en trois paniers : reste à charge zéro (RAC 0), reste à charge modéré (RAC M) et tarifs libres. Pour les deux premiers, des honoraires limites de facturation s'imposent. Une information écrite préalable est due dès que les honoraires atteignent 70 €, dépassement compris ; pour tout traitement prothétique ou d'orthodontie, le devis est obligatoire et suit le modèle de l'annexe III de la convention nationale des chirurgiens-dentistes 2023-2028. Lorsque le plan de traitement comporte un reste à charge, le praticien doit informer le patient des alternatives sans reste à charge ou avec un reste à charge modéré.

Les contrôles portent sur la cohérence entre le devis, le code facturé et la prothèse réellement posée : matériau, localisation de la dent, panier retenu. Une couronne facturée dans un panier alors que le matériau posé relève d'un autre, ou un dépassement des honoraires limites, donnent lieu à réclamation. S'y ajoutent les montants maximaux applicables aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.

La défense tient d'abord dans la traçabilité : devis signé, déclaration de conformité du dispositif sur mesure remise au patient, bons du laboratoire de prothèse. Ces pièces établissent ce qui a été posé, avec quel matériau et où il a été fabriqué.

Information écrite
≥ 70 €
dépassement inclus ; devis toujours obligatoire pour prothèse et orthodontie
Paniers
RAC 0 · RAC M · libre
honoraires limites pour les deux premiers
iv.
Dates d'actes

La date de l'acte : prothèse posée, prothèse facturée

La CCAM repose sur le principe de l'acte global : le libellé inclut toutes les étapes nécessaires à sa réalisation, et l'acte se facture lorsqu'il est achevé. Pour une prothèse, cela signifie après la pose effective en bouche. Une couronne facturée au stade de l'empreinte ou de la préparation, alors que le patient n'est jamais revenu pour la pose, est réclamée en totalité.

Les dates d'actes sont aussi confrontées aux autres données dont dispose la caisse : hospitalisation du patient, soins facturés le même jour par un autre praticien, absence du cabinet. Une date erronée sur une feuille de soins peut suffire à faire apparaître un acte comme impossible.

Dans ce type de dossier, l'enjeu dépasse le remboursement : la facturation d'une prothèse non posée peut être qualifiée de fraude par la caisse. Il faut établir rapidement la chronologie réelle du traitement, les rendez-vous manqués par le patient et les démarches entreprises pour le faire revenir.

Ne corrigez rien après coupModifier un dossier patient ou une fiche de traçabilité après réception du courrier de la caisse est une faute grave, facilement détectable et lourde de conséquences pénales. Transmettez les pièces telles qu'elles existent et expliquez les incohérences.
v.
Entente préalable

Orthodontie et entente préalable : les réclamations sur les traitements

La prise en charge des traitements d'orthodontie et d'orthopédie dento-faciale est subordonnée à une demande d'entente préalable adressée au service médical. Pour l'enfant, les soins doivent débuter dans les six mois de l'accord et avant son 16e anniversaire ; le traitement se facture par semestre, dans la limite de six semestres. Selon l'Assurance Maladie, l'absence de réponse dans les 15 jours suivant l'envoi de la demande vaut accord. Les autres actes soumis à entente préalable obéissent à des règles comparables, à vérifier acte par acte.

Les indus visent des semestres facturés sans accord, au-delà de la limite, ou pour un traitement commencé hors délai. La preuve de la date d'envoi de la demande est ici déterminante : elle permet d'opposer à la caisse un accord tacite qu'elle ne relève pas toujours.

Avocat pour chirurgien-dentiste →
vi.
Jurisprudence récente

Ce que disent les juges

Cass. 2e civ., 5 juin 2025, n° 23-12.404 — Lorsque le service du contrôle médical analyse l'activité d'un chirurgien-dentiste et envisage d'entendre et d'examiner des patients, il doit en informer le praticien au préalable, et cette information doit comporter l'identité des patients concernés, sauf lorsque l'analyse vise à établir une fraude ou un trafic de médicaments. La Cour a censuré l'arrêt qui avait jugé la procédure régulière sans vérifier ce point. À retenir : demandez la preuve de cette information avant de discuter le fond. Lire l'arrêt

Cass. 2e civ., 17 octobre 2024, n° 22-21.581 — L'avis donné par le service du contrôle médical à la suite d'un contrôle administratif de facturation mené par la caisse n'est pas une analyse de l'activité au sens de l'article L. 315-1, IV. Une cour d'appel ne pouvait donc pas annuler l'indu d'un chirurgien-dentiste pour non-respect de la procédure d'analyse d'activité sans rechercher dans quel cadre le contrôle avait été conduit. À retenir : identifier précisément le type de contrôle avant d'invoquer une irrégularité. Lire l'arrêt

Cass. 2e civ., 4 juin 2026, n° 23-21.483 — Il appartient à la caisse d'établir le paiement et son caractère indu, à charge pour le chirurgien-dentiste de discuter les éléments produits et d'apporter la preuve contraire ; le juge saisi d'une contestation doit se prononcer sur le bien-fondé de l'indu. À retenir : la preuve pèse d'abord sur la caisse, mais une contestation de principe ne suffit pas ; la réponse doit être argumentée ligne par ligne. Lire l'arrêt

vii.
La défense

Contester l'indu : expertise, contradictoire, recours

Lorsque l'indu repose sur l'examen de patients par le service médical, la première question est celle du contradictoire : dans quelles conditions l'examen a-t-il eu lieu, combien de temps après les soins, avec quels moyens, et avez-vous pu en discuter les constats ? Une dent examinée deux ans après la pose d'une restauration peut avoir été reprise par un autre praticien. Ces éléments fragilisent des conclusions présentées comme certaines.

Il faut ensuite reprendre chaque ligne avec vos radiographies et vos notes, distinguer les erreurs matérielles des désaccords d'interprétation, et vérifier la méthode lorsque la caisse extrapole à partir d'un échantillon de patients. Le recours devant la commission de recours amiable est formé dans les deux mois ; le pôle social du tribunal judiciaire peut ensuite ordonner une expertise sur les points techniques contestés.

La caisse peut parallèlement engager une pénalité financière, saisir la section des assurances sociales de la chambre disciplinaire de l'Ordre des chirurgiens-dentistes ou porter plainte. Une fibre pénale est particulièrement utile dans ces dossiers où l'accusation d'acte fictif n'est jamais loin.

Dans la majorité des dossiers, vous ne payez aucun honoraire au-delà de ce que prend en charge votre assureur (responsabilité civile professionnelle ou protection juridique), en conciliation comme en jugement. Vous choisissez librement votre avocat.

ODAYA Avocats intervient à Paris, en Île-de-France et partout en France pour défendre les chirurgiens-dentistes visés par un indu. Le premier entretien téléphonique, de 20 minutes, est offert et confidentiel.

Lire l'article : avocat pour chirurgien-dentiste →

Questions fréquentes

La caisse peut-elle convoquer mes patients ?

Oui. Le service médical, où interviennent des chirurgiens-dentistes conseils, peut examiner des patients pour vérifier la conformité des soins facturés. Lors d'une analyse d'activité, hors soupçon de fraude, il doit vous en informer au préalable, en indiquant l'identité des patients concernés. Les conditions de cet examen, son délai par rapport aux soins et la possibilité d'en discuter les constats sont des points de contestation.

Puis-je facturer une prothèse si le patient ne revient pas pour la pose ?

Non. L'acte prothétique se facture une fois achevé, c'est-à-dire après la pose effective. Une prothèse facturée avant la pose est réclamée en totalité et peut être regardée comme une fraude ; il faut documenter les rendez-vous manqués et les relances adressées au patient.

Quand le devis est-il obligatoire ?

Pour tout traitement prothétique ou d'orthodontie, quel que soit le montant ; plus largement, une information écrite préalable est due dès que les honoraires atteignent 70 €, dépassement compris. Le devis suit le modèle conventionnel et mentionne notamment le panier, le matériau, le lieu de fabrication et les honoraires limites applicables au RAC 0 et au RAC M.

Une erreur de numéro de dent justifie-t-elle un indu ?

La caisse le prétend souvent, surtout lorsque la dent indiquée est absente ou déjà traitée selon l'historique. Si vos radiographies et notes établissent que l'acte a bien été réalisé sur une autre dent, il s'agit d'une erreur matérielle qui ne rend pas l'acte indu dans son principe.

Que vaut le silence de la caisse sur une demande d'entente préalable en orthodontie ?

Selon l'Assurance Maladie, l'absence de réponse dans les 15 jours suivant l'envoi de la demande vaut accord. Conservez la preuve de la date d'envoi : c'est elle qui permet d'opposer cet accord tacite en cas de réclamation.

Faut-il accepter l'entretien proposé par le chirurgien-dentiste conseil ?

L'entretien est une occasion de s'expliquer, mais ce que vous y dites est consigné et peut être utilisé ensuite. Il se prépare, dossier par dossier, et vous pouvez vous y faire assister. En cas de soupçon de fraude, la préparation doit intégrer le risque pénal.

Combien de temps pour contester l'indu ?

Deux mois à compter de la réception de la notification pour saisir la commission de recours amiable, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de rejet, exprès ou implicite, le pôle social du tribunal judiciaire est saisi dans les deux mois.

Une notification CPAM entre les mains ?

Le délai court dès réception. Premier entretien de 20 minutes offert et confidentiel pour faire expertiser le courrier avant de répondre.

Honoraires pris en charge par votre assureur dans la majorité des cas, en conciliation comme en jugement.

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