Les risques propres à l'exercice dentaire
Le chirurgien-dentiste facture des actes à tarif opposable, des actes à honoraires libres et des actes hors nomenclature, souvent au cours de la même séance. Cette coexistence est la source de la plupart des contrôles : couronne facturée sur une dent qui ne la justifiait pas, traitement endodontique coté avant une prothèse jamais posée, acte d'implantologie présenté comme remboursable, devis absent alors qu'il est obligatoire pour toute prothèse et tout acte à honoraires libres.
Le second risque est clinique. La prothèse et l'implant sont des dispositifs dont le patient attend un résultat précis ; un descellement, une fracture, une lésion du nerf alvéolaire lors d'une extraction ou d'une pose d'implant, une infection après un traitement canalaire nourrissent les réclamations. Ces dommages atteignent rarement le seuil de gravité de la commission de conciliation et d'indemnisation et se règlent devant le conciliateur ordinal ou le tribunal judiciaire.
Le troisième risque tient au cadre d'exercice. Dans un centre de santé dentaire, structure régie par l'article L.6323-1 du Code de la santé publique, la facturation est émise par le centre, mais chaque acte porte l'identifiant du praticien salarié. Lorsque le centre est contrôlé ou fermé, chacun se retrouve personnellement exposé devant l'Ordre et, parfois, devant le juge pénal.