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Pénal · Fraude

Fraude CPAM et poursuites pénales : escroquerie et faux.

En bref

  • L'article 313-1 du Code pénal punit l'escroquerie de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende ; les peines sont aggravées en cas d'escroquerie en bande organisée (art. 313-2 CP).
  • Le faux et usage de faux (article 441-1 CP) sont fréquemment retenus en concours pour les fausses cotations ou facturations d'actes fictifs.
  • La défense distingue l'erreur de bonne foi, l'écart de qualification et l'escroquerie caractérisée par des manœuvres frauduleuses.

La CPAM dispose, en cas de soupçon de fraude grave, du choix entre la procédure administrative (indu, pénalité) et le dépôt de plainte. La saisine du parquet ouvre une procédure pénale qui mobilise plusieurs qualifications, souvent en concours réel d'infractions.

Les qualifications pénales mobilisées

Trois infractions structurent l'essentiel du contentieux pénal CPAM.

Escroquerie (article 313-1 CP)

L'escroquerie suppose des manœuvres frauduleuses, l'usage d'un faux nom, d'une fausse qualité ou l'abus de qualité vraie ayant déterminé la remise de fonds. La simple cotation excessive ne suffit pas : il faut une mise en scène trompeuse caractérisée.

Faux et usage (article 441-1 CP)

Toute altération frauduleuse de la vérité dans un écrit, ainsi que son usage, sont punis de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. La feuille de soins falsifiée, le bordereau d'acte fictif ou la prescription antidatée tombent sous cette qualification.

Faux certificat (article 441-7 CP)

L'article 441-7 CP s'applique aux certificats médicaux établis dans le cadre de la fraude (arrêts de complaisance, certificats antidatés).

Les typologies de faits visés

Le contentieux porte typiquement sur quatre situations.

  • Actes fictifs — facturation de consultations ou actes non réalisés
  • Surcotation systématique — utilisation répétée d'une cotation supérieure à l'acte réalisé
  • Cumuls prohibés — facturation simultanée d'actes incompatibles selon la NGAP / CCAM
  • Antidatation — feuilles de soins ou prescriptions portant des dates falsifiées
AttentionLa CPAM combine fréquemment trois axes : recouvrement de l'indu (article L. 133-4 CSS), pénalité financière (article L. 114-17-1 CSS) et plainte pénale. Une stratégie de défense unifiée est indispensable, sans quoi un aveu en procédure administrative peut nourrir le pénal et inversement.

Stratégie de défense

La défense du médecin face à une plainte CPAM s'articule autour de quatre axes.

L'absence d'élément intentionnel

L'escroquerie et le faux sont des délits intentionnels. Démontrer la bonne foi, l'erreur d'interprétation de la nomenclature ou l'absence de manœuvre est un levier majeur.

L'écart de qualification

Un écart de cotation ne caractérise pas systématiquement une fraude. Il peut résulter d'une lecture différente de la NGAP, d'une habitude historique ou d'une recommandation contestée.

La cohérence du dossier médical

La concordance entre le dossier, la facturation et l'agenda est centrale. Toute incohérence est à anticiper et à expliquer.

La coordination avec le contentieux administratif

Procédures CPAM, ordinale et pénale se conditionnent. Une défense globale, articulant CRA, pôle social et pénal, est indispensable.

Les sanctions encourues

L'escroquerie expose à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, le faux à 3 ans et 45 000 €. Des peines complémentaires (interdiction d'exercer, confiscation, affichage) sont fréquentes. La condamnation pénale entraîne quasi systématiquement une procédure ordinale (radiation possible) et une résiliation du conventionnement.

À retenir

  • Article 313-1 CP — escroquerie, 5 ans, 375 000 €
  • Article 441-1 CP — faux, 3 ans, 45 000 €
  • Bonne foi — pivot de la défense pénale
  • Coordination — administrative, ordinale et pénale
  • Conventionnement — déconventionnement possible en sus de la sanction pénale

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Questions fréquentes

Une simple surcotation peut-elle déclencher des poursuites pénales ?

Pas en soi. La surcotation ponctuelle relève de l'indu. Une surcotation systématique, organisée et reproductible peut nourrir une qualification d'escroquerie ou de faux (articles 313-1 et 441-1 CP).

Faut-il rembourser pour éviter le pénal ?

Le remboursement n'éteint pas l'action publique mais peut atténuer la peine. Il s'inscrit dans une stratégie globale, à arbitrer avec l'avocat et selon le stade de la procédure.

Le déconventionnement est-il automatique ?

Non, mais une condamnation pénale grave alimente une procédure conventionnelle pouvant conduire au déconventionnement (articles L. 162-1-14-2 et L. 145-1 CSS), distincte de la sanction pénale.

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