Prescription hors AMM : ce que permet la loi
Le code de déontologie médicale pose le principe : dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions (article R. 4127-8 du code de la santé publique). Prescrire en dehors de l'AMM, qu'il s'agisse de l'indication, de la population ou de la posologie, relève de cette liberté, dans les conditions fixées par la loi.
Deux cadres coexistent. Le premier est celui de l'accès compassionnel, prévu à l'article L. 5121-12-1 du code de la santé publique : autorisation délivrée par l'ANSM pour un patient nommément désigné, ou cadre de prescription compassionnelle établi pour une indication donnée, qui a pris le relais des anciennes recommandations temporaires d'utilisation. Le second est celui de la prescription hors AMM hors de tout cadre, régie par l'article L. 5121-12-1-2 du même code. Elle n'est possible qu'à deux conditions cumulatives :
- l'absence d'alternative médicamenteuse appropriée disposant d'une autorisation de mise sur le marché ou d'une autorisation d'accès précoce ;
- le fait que le prescripteur juge indispensable, au regard des connaissances médicales avérées, le recours à ce médicament pour améliorer ou stabiliser l'état clinique de son patient.
Ces conditions s'apprécient patient par patient. Une pratique systématique, appliquée à toute une catégorie de patients sans examen individuel, fragilise d'emblée la position du prescripteur.