Le pourvoi au Conseil d'État contre une sanction ordinale : un contrôle de légalité
Le II de l'article L.4122-3 du Code de la santé publique confie la présidence de la chambre disciplinaire nationale à un membre du Conseil d'État, et son VI prévoit que les décisions de cette chambre « sont susceptibles de recours devant le Conseil d'État ». Ce recours est un pourvoi en cassation : le Conseil d'État statue comme juge du droit, au sommet de l'ordre administratif auquel appartiennent les juridictions ordinales.
Concrètement, le Conseil d'État ne se demande pas si le médecin a eu tort ou raison, ni s'il aurait lui-même prononcé la même peine. Il vérifie que la chambre nationale a statué régulièrement, a correctement appliqué les textes, n'a pas déformé le contenu du dossier et a motivé sa décision. Les faits tels qu'ils ont été souverainement appréciés par les juges du fond s'imposent à lui, sauf dénaturation.
Cette différence de nature commande toute la stratégie. Un pourvoi qui se contente de rediscuter les faits ou de réitérer les arguments d'appel est voué à l'échec. Il faut identifier, dans la décision de la chambre nationale, une erreur juridique précise, puis la formuler dans les catégories que le juge de cassation accepte d'examiner.