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Ordre · Plainte abusive

Plainte abusive d'un patient : se défendre devant l'Ordre

Le courrier du conseil départemental de l'Ordre annonçant qu'un patient a déposé plainte provoque presque toujours la même réaction : la sidération, puis l'envie de répondre immédiatement et longuement pour rétablir la vérité. C'est à ce moment que se commettent les erreurs les plus coûteuses.

Toutes les plaintes ne se valent pas. Certaines traduisent une incompréhension réelle ou une relation de soin dégradée. D'autres sont manifestement instrumentalisées : représailles après un litige d'honoraires, pression exercée dans un contentieux indemnitaire parallèle, conflit familial, refus opposé à une demande de certificat de complaisance. La défense suppose de distinguer ces situations dès le premier jour, car la stratégie n'est pas la même.

Le circuit de la plainte : ce qui se passe réellement

La plainte est adressée au conseil départemental de l'ordre au tableau duquel le praticien est inscrit. Ce conseil n'est pas un juge : il enregistre la plainte, en informe le praticien mis en cause et organise une réunion de conciliation, qui doit intervenir dans le délai d'un mois à compter de l'enregistrement (article L.4123-2 du code de la santé publique).

Si la conciliation échoue ou n'aboutit que partiellement, le conseil départemental transmet la plainte à la chambre disciplinaire de première instance dans le délai de trois mois à compter de l'enregistrement, avec un avis motivé. Il peut s'associer à la plainte, et le praticien fait alors face à deux parties poursuivantes, ou s'en abstenir.

Devant la chambre disciplinaire, la procédure est écrite et contradictoire, l'audience en principe publique, et le praticien peut être assisté d'un avocat. Les sanctions encourues vont de l'avertissement au blâme, à l'interdiction temporaire d'exercer, assortie ou non du sursis, jusqu'à la radiation du tableau. La décision peut être frappée d'appel devant la chambre disciplinaire nationale, puis d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

Deux points sont fréquemment ignorés. D'abord, l'instance ordinale est indépendante des procédures civiles, pénales ou conventionnelles engagées parallèlement. Ensuite, le patient plaignant est partie à l'instance : il reçoit les écritures et tout ce qui est produit lui est communiqué.

Qualifier l'abus : une plainte infondée n'est pas une plainte abusive

Une plainte peut être rejetée sans être abusive : le patient qui se trompe de bonne foi, qui interprète mal une complication ou qui exprime maladroitement une déception exerce un droit. L'abus suppose davantage : la conscience de l'inexactitude des faits dénoncés, l'intention de nuire, ou une légèreté blâmable dans la mise en cause d'un professionnel.

Plusieurs indices, à documenter méthodiquement dès la réception de la plainte, permettent de caractériser cette dimension :

Cette qualification n'a pas une portée seulement morale. Elle commande à la fois le ton du mémoire en défense et la possibilité d'engager, ensuite, une action en réparation.

La conciliation : une étape à préparer, jamais à improviser

La réunion de conciliation est trop souvent abordée comme une formalité. C'est une erreur. Conduite par des conseillers ordinaux, elle donne lieu à un procès-verbal constatant la conciliation totale, partielle, ou son échec. Ce document rejoint le dossier transmis à la chambre disciplinaire : ce qui y est dit ou écrit sera lu par la juridiction.

Trois règles s'imposent.

Lorsque la plainte paraît instrumentalisée, la conciliation conserve une utilité : elle permet de faire consigner les demandes réelles du plaignant, souvent financières, ce qui éclairera la nature véritable de la démarche.

Les écritures en défense : sobriété, pièces, déontologie

Le mémoire en défense n'est ni un plaidoyer indigné ni un récit thérapeutique. Il répond grief par grief, en visant les articles du code de déontologie médicale invoqués (articles R.4127-1 et suivants du code de la santé publique) et en démontrant, pièce à l'appui, que le comportement reproché n'est pas établi.

Le praticien hospitalier pensera à solliciter la protection fonctionnelle auprès de son établissement. Tout praticien doit par ailleurs déclarer sans tarder le litige à son assureur de responsabilité civile professionnelle, dont les garanties couvrent fréquemment la défense disciplinaire.

Riposter : dénonciation calomnieuse et réparation du préjudice

La juridiction ordinale ne condamne pas le plaignant à des dommages-intérêts : elle statue sur le comportement du praticien. Elle peut en revanche mettre à la charge de la partie perdante les frais exposés et non compris dans les dépens (article L.761-1 du code de justice administrative), ce qui suppose de le demander expressément.

Deux voies existent ensuite, bien distinctes.

La voie de la diffamation est plus étroite qu'il n'y paraît : les écrits adressés à l'autorité disciplinaire bénéficient d'une protection étendue, et la prescription des infractions prévues par la loi du 29 juillet 1881 est de trois mois, ce qui impose une réaction rapide lorsque les accusations ont été diffusées publiquement.

Les réflexes qui aggravent la situation

La riposte immédiate est presque toujours contre-productive. Sont à proscrire :

Ce qu'il faut retenir

ODAYA Avocats accompagne les médecins et les professionnels de santé mis en cause devant l'Ordre, face à la CPAM et face aux patients : préparation de la conciliation, mémoires en défense devant les chambres disciplinaires, puis, lorsque les conditions en sont réunies, action en réparation contre l'auteur d'une plainte abusive. Cette articulation entre défense disciplinaire et riposte pénale ou civile suppose une fibre pénale particulièrement utile dans cette matière. Le cabinet, installé 174 rue de Courcelles à Paris, intervient partout en France : contact@odaya-avocats.fr ou 01 85 73 41 85.

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Le Cabinet ODAYA

Avocats au Barreau de Paris, dédiés à la défense des médecins et professionnels de santé face à la CPAM, à l'Ordre et aux patients. Cabinet fondé en 2018, 174 rue de Courcelles, Paris 17e. Intervention partout en France.

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