Les risques propres à la psychiatrie
Le psychiatre est le seul médecin dont l'écrit peut priver une personne de sa liberté. Les certificats d'admission en soins psychiatriques sans consentement, régis par les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique pour l'admission à la demande d'un tiers ou en cas de péril imminent, et par les articles L.3213-1 et suivants pour l'admission sur décision du représentant de l'État, sont relus par le directeur d'établissement, par le juge des libertés et de la détention et par l'avocat du patient. Un certificat imprécis, rédigé sans examen, ou établi par un médecin qui ne pouvait pas le faire, est la première source de reproche.
Le second risque est le secret. Le psychiatre reçoit des confidences sur des tiers, sur des faits parfois délictueux, sur des conflits conjugaux ; il est sollicité par les familles, les employeurs, les avocats et les juges aux affaires familiales. L'article L.1110-4 du Code de la santé publique et l'article 226-13 du Code pénal protègent ce secret, dont les dérogations, prévues à l'article 226-14 du Code pénal, sont d'interprétation stricte. Le troisième risque est la vulnérabilité des patients : plaintes pour emprise, relation inappropriée, prescription de psychotropes jugée excessive, défaut de surveillance après un passage à l'acte. La famille, enfin, conteste une sortie, reproche une hospitalisation ou son absence, et saisit l'Ordre ou le procureur après un drame, face à un psychiatre tenu au secret même vis-à-vis de ceux qui l'accusent.