Les risques propres à l'exercice chirurgical
Le chirurgien est jugé sur un acte unique, daté, tracé, dont les suites sont visibles. Lésion d'un organe voisin, infection du site opératoire, hémorragie, mauvais positionnement d'une prothèse, corps étranger oublié : chaque complication connue de la littérature peut être présentée comme une faute technique. La responsabilité civile repose sur l'article L.1142-1 du Code de la santé publique, qui exige une faute, sauf pour les infections nosocomiales dont l'établissement répond et pour l'aléa thérapeutique grave, indemnisé par la solidarité nationale.
Le second terrain est celui de l'information. L'article L.1111-2 du Code de la santé publique impose d'informer le patient des risques fréquents ou graves normalement prévisibles, et fait peser la preuve de cette information sur le praticien ; l'article L.1111-4 exige un consentement libre et éclairé. Fiche remise sans trace, consultation d'annonce trop courte, délai de réflexion non respecté en chirurgie esthétique : le défaut d'information est reproché même lorsque le geste était irréprochable, sous l'angle de la perte de chance de refuser l'intervention.
Le dossier opératoire est votre première protection : compte rendu précis, feuille de bloc, courrier au médecin traitant, trace de la consultation préopératoire. Nous le relisons avec vous avant toute réponse, car c'est sur lui que l'expert se prononcera.