Les risques propres à l'exercice infirmier libéral
L'infirmier libéral facture au fil de tournées quotidiennes, à domicile, auprès de patients âgés ou dépendants qui ne conservent aucune trace des passages. Sa facturation repose sur des ordonnances parfois anciennes, sur des forfaits journaliers et sur des majorations dont les conditions d'application ont changé à plusieurs reprises ces dernières années. Il en résulte un décalage fréquent entre ce qui a été fait et ce qui a été codé, que l'assurance maladie qualifie rapidement d'anomalie.
Le passage des actes de soins infirmiers au bilan de soins infirmiers pour les patients dépendants a créé une zone de contrôle nouvelle : forfaits journaliers retenus par rapport au niveau de dépendance évalué, cohabitation des anciens et des nouveaux modes de facturation, bilans non actualisés. Les indemnités kilométriques constituent l'autre grand terrain de contestation : distance réelle, abattement au-delà d'un certain nombre de kilomètres, tournée non reconstituable, cumul avec l'indemnité forfaitaire de déplacement. L'exercice à plusieurs (cabinet de groupe, remplacement) ajoute le grief de facturation sous la carte d'un confrère absent, souvent lu par la CPAM comme un indice de fraude organisée.