Les risques propres à l'exercice de sage-femme
Le Code de la santé publique confie à la sage-femme le suivi de la grossesse, de l'accouchement et des suites de couches lorsqu'ils restent physiologiques, avec l'obligation d'orienter vers un médecin dès l'apparition d'une pathologie. Toute la responsabilité de la profession tient dans cette frontière : a-t-elle reconnu à temps que la situation sortait de la physiologie, et a-t-elle appelé le médecin sans délai ?
Les dossiers contentieux se concentrent sur quelques situations récurrentes : anomalies du rythme cardiaque fœtal interprétées trop tard, dystocie des épaules, hémorragie de la délivrance, administration d'ocytocine, rupture utérine sur utérus cicatriciel, ou encore suivi de grossesse à domicile où un signe d'alerte (diminution des mouvements, hypertension, diabète) n'a pas conduit à une consultation médicale.
Le partogramme et le tracé du monitoring sont les pièces maîtresses de toute expertise. Un tracé conservé, horodaté et annoté protège la sage-femme ; un dossier incomplet ou reconstitué après coup lui est imputé.