Les risques propres à l'anesthésie-réanimation
L'anesthésiste-réanimateur exerce dans une fenêtre de temps courte, sur un patient qui ne peut plus rien exprimer. Quand un dommage survient, l'enquête se concentre sur trois moments précis : la consultation pré-anesthésique, l'induction et le réveil. Le Code de la santé publique impose une consultation pré-anesthésique plusieurs jours avant toute intervention programmée, distincte de la visite de la veille, et une surveillance continue après l'acte. Ce sont ces étapes réglementées que l'expert vérifie en premier.
Les reproches les plus fréquents portent sur l'évaluation du terrain (voies aériennes difficiles, allergie, apnée du sommeil, traitement anticoagulant non relayé), sur l'information du patient concernant les risques propres à la technique choisie (anesthésie générale, locorégionale, rachianesthésie) et sur la surveillance post-opératoire : sortie de salle de surveillance post-interventionnelle jugée trop précoce, dépression respiratoire sous morphiniques, retard de prise en charge d'une hémorragie. Sur l'information, la preuve incombe au praticien : une feuille de consultation lacunaire fragilise la défense même lorsque le geste était irréprochable.