Les risques propres à l'officine
L'officine cumule des risques qui ne se rencontrent nulle part ailleurs. Le pharmacien engage sa responsabilité sur l'acte de dispensation : analyse de l'ordonnance, détection des interactions et des posologies anormales, refus de délivrance lorsque la santé du patient l'exige, conseil associé. Une erreur de délivrance (confusion de spécialités, de dosage, préparation magistrale erronée) peut avoir des conséquences graves et met en jeu, simultanément, la responsabilité civile, disciplinaire et pénale.
Le second risque est celui de la facturation : la pharmacie transmet chaque jour des centaines de feuilles de soins électroniques en tiers payant. L'assurance maladie dispose ainsi d'une base de données exhaustive, qu'elle croise avec les prescriptions, les stocks déclarés aux grossistes et les données des autres officines. Tout écart entre les achats et les ventes remboursées, entre l'ordonnance et la délivrance, entre le générique délivré et le princeps facturé, apparaît sans que l'assurance maladie ait besoin de se déplacer. Le troisième risque tient aux substances réglementées et aux ordonnances falsifiées présentées au comptoir : le pharmacien qui délivre trop facilement s'expose, celui qui refuse doit tracer son refus.