Avocat pour kinésithérapeute : NGAP, contrôle, déconventionnement.
En bref
- Le masseur-kinésithérapeute est régulièrement contrôlé par la CPAM sur la cotation NGAP, le respect du référentiel de prescription et la pertinence des séances.
- Le déconventionnement est la sanction la plus lourde, prononcée par la SAS ou le directeur de la CPAM selon les cas.
- Défense devant la CRA, le pôle social, la SAS et la chambre disciplinaire de l'Ordre.
Le masseur-kinésithérapeute libéral exerce dans un environnement réglementaire dense et fortement contrôlé. La diversité des techniques, la longueur des séries et l'évolution des référentiels créent un terrain propice aux contentieux d'activité. Une mise en cause peut combiner indu, plainte ordinale et procédure conventionnelle.
Le contrôle d'activité CPAM
Le contrôle peut résulter d'une analyse de profil (atypie statistique), d'un signalement ou d'une dénonciation. Il porte sur la cotation NGAP, la conformité au référentiel HAS de prescription, la réalité des actes et le respect du parcours de soins. La notification d'indu (article L. 133-4 CSS) ouvre un délai de deux mois pour saisir la CRA.
Les motifs récurrents
- Dépassement du nombre de séances du référentiel
- Cotation inadéquate (AMK/AMS)
- Indemnités de déplacement non justifiées
- Actes non réalisés ou non conformes
- Tournée hors zone géographique
Cotation NGAP et référentiels
La NGAP encadre la cotation. Le référentiel HAS encadre la prescription. La défense suppose une lecture conjointe de ces textes, complétée par les avenants à la convention nationale. Les avis du Conseil national de l'Ordre apportent des éléments d'appréciation utiles.
Le déconventionnement
Le déconventionnement peut être prononcé par la SAS du Conseil régional de l'Ordre, ou directement par le directeur de la CPAM en cas de manquement grave et répété (article L. 162-9 CSS et convention nationale). La sanction peut être temporaire ou définitive et a des conséquences économiques majeures. Le recours est ouvert devant les juridictions compétentes selon la voie suivie.
Les enjeux procéduraux
- Saisine en délais des juridictions compétentes
- Demande de sursis à exécution
- Argumentation sur la proportionnalité de la sanction
- Coordination avec d'éventuelles procédures parallèles
Architecture d'une défense
La défense du kinésithérapeute repose sur quatre piliers documentaires :
- Le BDK et la justification clinique des séances
- La traçabilité des prescriptions et avis médicaux
- La cohérence des cotations avec la NGAP et la HAS
- La saisine en délais de la CRA, du pôle social et de la SAS
La plainte d'un patient devant l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes
Au-delà de la CPAM, le kinésithérapeute s'expose aux plaintes de patients portées devant l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Les griefs les plus fréquents tiennent à une douleur ou une lésion attribuée à une manipulation, à une brûlure lors d'une séance de physiothérapie, à une chute pendant la rééducation, à un désaccord sur la facturation ou à un comportement jugé inapproprié, notamment lors de soins impliquant un contact corporel étroit.
La plainte est adressée au conseil départemental de l'Ordre, qui organise une réunion de conciliation. Cette étape n'est pas une formalité : ce que vous y déclarez figure au procès-verbal et peut être relu par la chambre disciplinaire. Il est donc préférable d'y arriver avec une chronologie écrite des séances et une position arrêtée à l'avance. À défaut d'accord, la plainte est transmise à la chambre disciplinaire de première instance, qui statue après une procédure écrite et une audience ; un appel est possible devant la chambre disciplinaire nationale.
Plusieurs réflexes limitent le risque :
- Ne pas répondre au patient à chaud, ni par écrit ni sur les sites d'avis en ligne ;
- Rassembler le dossier du patient : prescription, bilan diagnostique kinésithérapique, fiches de séances, information donnée sur les techniques pratiquées ;
- Déclarer le litige à votre assureur dès la réception du courrier de l'Ordre ;
- Préparer la conciliation avec votre avocat, qui peut vous y assister.
Lorsque la plainte évoque un geste à connotation sexuelle, la situation change de nature : une procédure pénale peut être engagée en parallèle et l'enjeu dépasse la seule discipline. Aucune explication ne doit alors être donnée au patient ou à sa famille, et l'assistance d'un avocat s'impose dès la première convocation, qu'elle vienne de l'Ordre ou des enquêteurs. Pour une vue d'ensemble, consultez notre page avocat pour masseur-kinésithérapeute.
À retenir
- BDK : pierre angulaire de la défense
- Référentiel HAS : encadrement de la prescription
- SAS : juridiction du déconventionnement
- Délais courts : saisine de la CRA en deux mois
Un contrôle, un indu ou un déconventionnement ?
Un premier entretien de 20 minutes, offert et confidentiel, pour analyser votre dossier et arrêter une stratégie.
Prendre rendez-vous →Questions fréquentes
Le dépassement du référentiel HAS est-il systématiquement sanctionné ?
Non. Le dépassement justifié par la situation clinique reste possible, à condition d'être tracé par un BDK actualisé et un argumentaire médical cohérent.
Comment contester un déconventionnement ?
Les voies de recours dépendent de l'auteur de la sanction (SAS ou directeur CPAM). Une demande de sursis à exécution peut être formulée pour préserver l'activité pendant la procédure.
Le contrôle peut-il déclencher une procédure pénale ?
Oui, en cas de soupçon de fraude (facturation d'actes fictifs notamment), l'affaire peut être transmise au Parquet. La défense pénale obéit à des règles distinctes.
Combien d'années en arrière la CPAM peut-elle réclamer un indu à un kinésithérapeute ?
L'action en recouvrement d'un indu se prescrit en principe par trois ans à compter de la date de paiement des actes. Ce délai est porté à cinq ans en cas de fraude. Dès réception de la notification, il est utile de vérifier que chaque séance réclamée se situe bien dans la période non prescrite.
Puis-je continuer à exercer pendant une procédure de déconventionnement ?
Oui. Le déconventionnement ne retire pas le droit d'exercer : il prive vos patients du remboursement de vos actes sur la base conventionnelle, ce qui pèse lourdement sur l'activité. Tant que la sanction n'est pas prononcée, vous exercez normalement ; une fois la décision rendue, les recours et une éventuelle demande de sursis doivent être engagés sans attendre.
Mon assurance prend-elle en charge l'avocat en cas de contrôle CPAM ?
Dans la majorité des cas, la protection juridique attachée à votre contrat professionnel, ou souscrite séparément, couvre tout ou partie des frais de défense face à la CPAM et à l'Ordre. Déclarez le litige à l'assureur dès le premier courrier de la caisse et vérifiez les plafonds prévus. Le choix de l'avocat vous appartient.